Autres

Un atelier flottant pour la dépollution pyrotechnique du port de Lorient

Mots clés : Gares, aéroports - Transport maritime - Travaux publics

Génie civil. La présence d’engins explosifs dans un bassin portuaire a poussé l’entreprise Charier à imaginer une solution de dépollution originale.

«Le fond des ports est un vrai dépotoir. On y trouve de tout : des voitures, des filets de pêche, des machines à laver, des gravats en tout genre… », constate, amer, Guillaume Coatanlem, directeur de l’agence Semen de Charier GC. L’administrateur du port de Lorient, dans le Morbihan, fait le même constat. Aussi a-t-il jugé bon de faire décaper la couche supérieure d’un de ses bassins avant d’y entreprendre des travaux de dragage. Pour ce nettoyage de surface, Charier a utilisé une pelle de 65 t Liebherr 964, avec un bras long de 17 m, équipé d’un godet-peigne. L’engin s’installe sur un ponton flottant, et en avant pour le nettoyage ! « Dès les premiers coups de godet, nous avons remonté un explosif. Et puis un autre. Et encore un. Ce n’était pas prévu dans le cahier des charges car deux dépollutions pyrotechniques avaient été menées dans ce bassin : l’une tout de suite après la guerre, l’autre dans les années 1980 », s’étonne Guillaume Coatanlem. Mais, depuis, des explosifs y ont été déposés illégalement, rapportés dans des filets de pêche ou jetés depuis le quai. « Nous avons réfléchi à une solution qui a été acceptée par le maître d’ouvrage. » Celle-ci a l’immense avantage d’éviter une reconnaissance des 75 000 m2 concernés par des plongeurs, ce qui se serait avéré extrêmement long, pénible et coûteux. Le ponton, la pelle et le godet-peigne initialement prévus restent en place. Deux minipelles équipées de lances à incendie sont positionnées de part et d’autre, chacune alimentée par une pompe de 150 m3/h qui puise l’eau du bassin. Elles lavent le contenu du godet à grande eau pour le débarrasser de la vase et mettre à jour les objets remontés. Ce contenu est inspecté par un démineur − Régis Ruffinatto, de la société Géomines −, à l’intérieur du godet lui-même. « Pour l’instant, 138 objets actifs ont été remontés : beaucoup de fumigènes au phosphore utilisés par l’armée, mais également cinq obus et une mine antichar », énumère ce dernier. Après cette première inspection, la pelle verse doucement le contenu sur un ponton recouvert d’une épaisse couche de caoutchouc pour amortir les chocs. Nouvelle inspection de Régis Ruffinatto avant qu’il ne donne le top départ d’un nouveau cycle. Chaque coup de godet prend environ cinq minutes. L’atelier est ceint d’un barrage flottant pour retenir la vase remuée. « Cette méthode est reproductible », estime Guillaume Coatanlem, qui sait que Lorient n’est pas le seul port français pollué par des explosifs.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X