Régions Haut-Rhin

Trois villes unies dans l’audace architecturale

Une « ligne de crête » architecturale s’apprête à relier les trois principales villes du Haut-Rhin. Colmar, Mulhouse et Saint-Louis s’offrent chacune un ou plusieurs hauts bâtiments emblématiques à la signature résolument contemporaine et aux formes audacieuses. Si les mairies en ont approuvé le contenu, le geste est d’initiative privée : il est l’œuvre dans les trois cas du même tandem, local, formé du promoteur Sodico Immobilier et de l’agence d’architecture AEA. « Nous voulons faire de chaque réalisation un élément de renouveau pour le quartier qui l’accueille », expliquent les frères Claude et Marc Di Giuseppantonio, les dirigeants de Sodico.

A Colmar, ce duo promoteur-architecte mulhousien a remporté le concours du conseil départemental pour la reconversion du site de l’ancien garage Renault. La collectivité l’a cédé pour un peu plus de 4 millions d’euros après avoir renoncé à y regrouper ses services. D’un montant de 25 millions d’euros, le programme comprendra 10 000 m2 de surface de plancher pour 94 logements et divers services et équipements. Le plus haut immeuble de cet ensemble devrait culminer à 35 mètres pour 10 étages. La demande de permis sera déposée en mars, dans le but de démarrer les travaux en fin d’année.

AEA a accordé une attention particulière à l’insertion dans l’environnement urbain : « La densité raisonnée permet de n’occuper qu’une surface limitée au sol, ce qui laisse la part belle à un ensemble de transition entre l’espace minéral de la gare et le parc du Champ-de-Mars, représentant 40 ares d’espaces verts, cheminements, bassins d’agrément, etc. Une percée visuelle vers la gare renforce le lien avec ce bâtiment », explique Eric Soldermann, architecte cogérant de l’agence.

Une tour « déstructurée ». A Mulhouse, les abords du canal Rhin-Rhône proches de la gare verront s’ériger l’Almaleggo à partir d’avril, pour 9 millions d’euros. Le nom de l’immeuble vient en partie de l’italien l eg go (conjugaison de « lire »), car ses deux tours à la physionomie volontairement « déstructurée » rappellent un empilement d’ouvrages irrégulier. Comptant 12 étages, la construction de 4 000 m2 aura pour base un socle en R + 4 évoquant la forme d’une table. Son porte-à-faux imposera un étaiement rigoureux.

Enfin, à Saint-Louis, l’Alcazar devrait s’élever à 45 m environ dans le centre-ville. La livraison des 60 logements est attendue pour 2020, le calendrier du chantier dépendant d’une modification prochaine du PLU.

Béton architectonique, parements en briques, habillages métalliques, balcons généreux, grandes dimensions d’appartements (80 m2 de moyenne, hauteur sous plafond d’au moins 2,50 m) : toutes ces caractéristiques « valident notre conviction que nous autres opérateurs locaux savons faire du très qualitatif dans nos territoires, et à des prix en phase avec le marché », plaide Claude Di Giuseppantonio. A 3 500 euros TTC le mètre carré en moyenne, ceux de l’Almaleggo ne s’inscrivent pas vraiment dans l’entrée de gamme pour Mulhouse, mais ils ne tombent pas non plus dans la démesure.

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