Architecture Habitat social

Trois pans coupés en façade

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social - Restaurant

L’immeuble de quatorze logements remplace un bâtiment insalubre et un bar de nuit branché…

On ne danse plus au 179, rue Saint-Maur, dans le Xe arrondissement de Paris. A la place du bar de nuit branché « Aux Neuf Billards », connu pour ses soirées musicales, s’élève un nouvel immeuble de six étages avec 14 logements sociaux – 4 en prêt locatif aidé d’intégration (PLAI), 10 en prêt locatif à usage social (PLUS) – et un local commercial. Trop insalubre pour être conservé, l’ancien bâtiment de trois étages avec combles a été acquis à l’amiable par la Société de requalification des quartiers anciens (Soreqa), société publique locale d’aménagement de la métropole parisienne, puis rétrocédé au bailleur social Société immobilière d’économie mixte de la Ville de Paris (Siemp) une fois la mise en sécurité, la libération, la démolition et la dépollution des lieux achevées. Stéphanie Galy, chargée d’opération pour la Siemp, rappelle « les contraintes fortes de ce chantier de dix-neuf mois, sur une petite parcelle bordée par une voie de 4 m de largeur, avec des mitoyens fragiles ». Comme l’expliquent les deux architectes associés, Christelle Avenier et Miguel Cornejo, « le nouvel édifice s’insère avec politesse entre la maison mitoyenne d’un étage qu’il domine et l’immeuble de cinq étages sur lequel il ajuste sa hauteur. Les diagonales tracées par les trois pans coupés, qui constituent la façade sur rue, permettent de relier les différents niveaux de toiture ». Presque transparente, la lasure gris clair, appliquée sur les prémurs en béton des façades, a permis de gommer les imperfections du matériau et de renforcer son aspect minéral, qui fait écho aux façades de pierre des bâtiments alentour.

Implantation en « L ». L’édifice se retourne et se prolonge au sud-ouest, jusqu’au fond de la parcelle bordant en douceur la maison. Cette implantation en « L » permet de dégager à l’arrière un petit jardin d’agrément de 47 m2 dont les deux murs de fond sont équipés « d’hôtels à insectes », réalisés à partir de matériaux de récupération de chantier. Ce jardin n’est accessible que par le commerce, mais tous les logements en jouissent visuellement, notamment l’unique appartement pour personne à mobilité réduite (PMR) au rez-de-chaussée, dont la terrasse est contiguë. A raison de deux par palier, les appartements de 1 à 4 pièces s’organisent selon une répartition jour sur jardin et nuit sur rue, à l’exception de celui de plain-pied qui est aussi le seul mono-orienté. Les séjours, orientés sud et sud-ouest, sont généreusement vitrés et une loggia attenante à la cuisine offre un petit espace extérieur qui permet de profiter de la vue dégagée sur l’arrière de la parcelle et sur le frêne du jardin voisin. Des persiennes se déplient en fonction de la luminosité, du confort thermique et de la ventilation recherchés. A l’intérieur, quelques éléments adoucissent la rigueur de mise : ici, un mur arrondi qui correspond à l’escalier ; là, une fenêtre qui se déboîte dans la chambre pour rétablir la verticalité et révéler ainsi l’inclinaison de la façade, ou encore ces petits percements carrés placés en hauteur, ouverts vers le ciel.

Conforme au Plan climat de la Ville de Paris et à la RT 2012, l’immeuble est labellisé BBC Effinergie et Habitat & Environnement.

Maîtrise d’ouvrage : Siemp. Maîtrise d’œuvre : Avenier-Cornejo Architectes. BET : EVP Ingénierie (structure), CFERM Ingénierie/ IDS Ingénierie (fluides), VPEAS (économie). Entreprise générale : Tempère. Surface : 1 168 m2 SP. Coût : 2,35 millions d’euros HT.

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