Gestion

Trois cents grues à tour gérées par un seul site

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier

Levage. Matebat, loueur de grues à tour, dispose, près d’Orléans, d’un site exceptionnel, entièrement dédié à ces matériels. Un concentré d’expertise technique et de savoir-faire logistique.

Trois cents grues à tour gérées sur un seul site, voilà qui est impressionnant ! Ce parc exceptionnel, situé à Loury, dans le Loiret, a été créé en 1970. Né Euromontage, il est devenu Franmat dans les années 1990, puis Matebat en 2013, après sa reprise par le numéro un français de la location de grues à tour. « C’est une pièce maîtresse dans notre organisation, un pivot », estime Jean-François Minoret, directeur général de Matebat Île-de-France. Trois fois plus gros que les autres sites, celui de Loury couvre un territoire englobant la région parisienne, la Normandie, le Centre, le Nord et la Picardie. « Cela correspond à un tiers de la demande nationale », calcule Jean-François Minoret. Et un tiers également du parc de Matebat qui, au total, compte 925 grues à tour. Celles de Loury sont toutes de marque Potain, à l’exception de quelques modèles issues du récent rachat de parcs concurrents. Leur moyenne d’âge est de 8 ans, ce qui est relativement peu pour ce type de matériel. Le parc, massivement composé de grues de type « topless », compte également quelques machines spéciales dont quatre modèles à flèche relevable.

De l’art de bien stocker

Quand elles ne sont pas sur chantier, les grues sont soigneusement rangées selon un ordre établi. « Les éléments de mâture sont empilés les uns sur les autres. Mais pas les flèches. Celles-ci sont stockées avec la tourelle, par sous-ensemble complet. » Une grue peut en effet être configurée de mille et une manières, ces variantes concernant essentiellement la partie haute, et il est plus facile de stocker ces éléments disparates en sous-ensemble plutôt que de les éparpiller. Chaque année, 250 grues partent de Loury vers un chantier. La préparation d’une grue prend environ une semaine. L’opération s’effectue juste avant son expédition. Les éléments de mât et de flèche sont vérifiés avant de partir, éventuellement, en cabine de peinture. Treuils, tourelle, cabine passent en atelier. « Nous vérifions tout : les freins, le boulonnage de la couronne, l’intégrité des câbles… L’opération demande une trentaine d’heures de travail. » Cette procédure est un investissement car elle exige deux techniciens spécialisés et consomme de la pièce détachée presque à chaque fois. « Mais cette maintenance préventive est rentable. Le taux de panne de nos grues est de 0,47 % seulement », estime Jean-François Minoret. L’autre atout de l’organisation du site réside dans la logistique. Avant d’expédier une grue, un responsable de Matebat visite le chantier et rédige une « fiche de montage » qui doit répondre à toutes les questions : où sera positionnée la grue mobile affrétée pour le montage ? Où les camions pourront-ils se garer ? L’alimentation électrique est-elle prête ? Les autorisations administratives ont-elles été délivrées ? etc. « En nous posant ces questions en amont, nous évitons les déconvenues. » Les opérations de montage prennent deux jours. « Méfiez-vous des monteurs qui vous les proposent en une journée ! » met en garde Jean-François Minoret. De toute façon, une grue doit être certifiée par un organisme agréé avant de pouvoir travailler. Une des rares prestations que Matebat ne propose pas, ne pouvant à la fois être juge et partie.

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« L’intégration de puces RFID dans les éléments de flèche et de mâture n’apporte pas grand-chose »

Jean-François Minoret, directeur de Matebat Île-de-France

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