Régions Isère

Travaux XXL pour prévenir une crue bicentennale

La vallée de l’Isère avec celles du Drac et de la Romanche sont identifiées par l’Etat comme territoires à risque important d’inondation. Alors que la tranche 1 du projet Isère amont (Grenoble – Saint-Ismier) est terminée, les tranches 2 et 3 (Saint-Ismier – Pontcharra), programmées entre 2016 et 2021, viennent de débuter de manière anticipée grâce aux crédits du plan de relance débloqués par le département.

D’après Fabien Mulyk, président du Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l’Isère (Symbhi) et vice-président du département délégué à l’aménagement des rivières et à l’environnement, « le projet Isère amont vise à protéger 29 communes sur 50 km de cours d’eau, soit plus de 300 000 personnes. Il intègre également les dimensions environnementales et de loisirs afin que les riverains puissent se réapproprier les berges comme des espaces de promenade, de détente ou de pratiques sportives », l’objectif étant de pouvoir faire face à une crue bicentennale (1).

« Le plus grand projet en cours de France ». Selon des estimations, si la crue de 1859 se reproduisait dans une vallée où de nombreux habitants et entreprises se sont installés, les dommages matériels pourraient atteindre près de 1 milliard d’euros. Comme le détaille Olivier Manin, chef de projet Isère amont au Symbhi, maître d’ouvrage du projet, « les travaux consisteront à ralentir l’écoulement de l’Isère en améliorant la capacité du lit, en écrêtant les crues de l’Isère et en pratiquant des ouvertures dans la digue. Il s’agit également de conforter les digues et d’édifier de nouveaux ouvrages hydrauliques ».

Les chiffres permettent de prendre la mesure « du plus grand projet de prévention des inondations en cours de réalisation en France », selon Olivier Manin, projet récompensé par le prix « Previrisq inondations 2016 » organisé par l’Association française des établissements publics territoriaux de bassin (AFEPTB). Le projet Isère, c’est en effet 29 km de digues renforcées, 16 km de merlons et remblais créés, 1 million de mètres cubes de matériaux à enlever des bancs. C’est aussi l’arasement de 23 bancs entre Pontcharra et Grenoble – évacuation des matériaux solides accumulés le long des berges ou dans le lit -, la création de deux plages de dépôt entre Brignoud et Domène ainsi que 250 ha de forêt alluviale reconnectée à l’Isère.

83,3 millions d’euros engagés. Dans le cadre des phases 2 et 3, 10 champs d’inondation contrôlée seront également créés. Cette technique, largement utilisée dans le projet grâce à la présence de nombreuses terres agricoles, permet, dès un niveau de crue trentennale, de donner de l’espace à l’Isère. Les 16 champs que comprend la totalité du projet pourront recevoir et stocker jusqu’à 35 millions de m3 d’eau dans 3 400 ha d’espaces agricoles !

D’ici à 2021, 83,3 millions d’euros seront engagés pour la réalisation des travaux, hors acquisitions foncières, cofinancés par l’Etat, le conseil départemental de l’Isère, Grenoble-Alpes Métropole, l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse et la communauté de communes Grésivaudan. Une trentaine de lots de travaux seront attribués. La maîtrise d’œuvre est composée d’Egis Eau, Egis Géotechnique, Ingérop, Hydrétudes et Gen Tereo.

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(1) Crue qui a une chance sur 200 de se reproduire chaque année.
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