Technique et chantier

Travaux souterrains Le métro parisien étend sa toile

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Services urbains - Transport collectif urbain - Travail

Un programme d’extension du réseau de métro parisien s’attache aujourd’hui aux trois lignes 4, 8 et 12. Tunnelier, prédécoupage mécanique, creusement en traditionnel et méthodes minières… Les travaux d’extension du réseau constituent une véritable vitrine en matière de techniques souterraines, le tout dans un environnement urbain très complexe.

Le programme d’extension du réseau métropolitain de Paris (voir encadré), qui concerne actuellement les lignes 4, 8 et 12, se déroule au sein d’un tissu urbain particulièrement dense auquel viennent s’ajouter de difficiles contraintes géologiques. Illustration avec les travaux en cours sur la ligne 4, entre la porte d’Orléans et la mairie de Montrouge (Hauts-de-Seine), où les 1 470 m du projet ont été découpés en deux lots distincts. Les 647 m du lot T1, situé dans Paris intra-muros, permettront de franchir le boulevard périphérique et sont, à ce titre, soumis à des exigences drastiques en matière de tassements. « Les tassements ne doivent pas excéder 15 mm sous l’ouvrage, indique Bernard Bizon, le directeur de projet du groupement d’entreprises, la limite atteignant même 10 mm à l’aplomb des habitations. » C’est la technique de prédécoupage mécanique avec prévoûtes, proposée en variante, qui a été finalement retenue pour exécuter le tunnel. La méthode permet de diviser les tassements par un facteur 2. Les « panneaux » (tranches de terrain découpées) sont en effet remplis très rapidement (entre 20 et 30 minutes) de béton projeté. D’où une réduction des possibilités de décompression des terrains et, partant, des risques de tassement.

Interventions« à la petite cuillère »

« Nous allons procéder par passes de 4 m de longueur et 20 cm d’épaisseur, poursuit Bernard Bizon, en assurant des recouvrements standard de 0,77 m dans les zones les moins sensibles, cette valeur étant portée à 1,50 m au passage du périphérique et sous les immeubles, voire 2 m sous les collecteurs à franchir. »

Une des autres facettes délicates du projet réside dans la présence d’anciennes carrières non visitables qui ont dû être confortées, en amont des travaux de creusement, dans toutes les zones venant interférer avec le tracé. L’impossibilité d’accéder à ce réseau souterrain et la configuration urbaine du chantier ont nécessité des interventions « à la petite cuillère ». Des petits puits ont été creusés en traditionnel, par l’intermédiaire de grues de puisatier, afin d’accéder au fond de l’assise de la carrière. Les déblais ont ensuite été évacués manuellement, au moyen de brouettes électriques et de seaux. Les opérations de renforcement ont alors été réalisées par plots, afin de ne pas déstabiliser les carrières, chaque zone dégagée étant ensuite remplie de béton. Des méthodes qui ont révélé une sensibilité particulière des terrains sus-jacents de l’autre côté du périphérique, sur le lot T2, au niveau de la future station Mairie de Montrouge.

L’ouvrage se présente comme un tunnel voûté de 100 m de long (ouverture 16 m en phase excavation) exécuté totalement en souterrain.

« Les discussions techniques menées suite à l’observation du comportement sensible de ces terrains ont conclu, début 2009, à la nécessité d’injecter la zone », révèle Jean-Claude Durand, le directeur de chantier de Razel, « l’impossibilité d’exécuter ces travaux depuis la surface nous ayant obligés à revoir le phasage de creusement de la station en doublant les attaques ».

Maître d’ouvrage : RATP.

Maître d’œuvre et OPC : Xelis.

Bureau de contrôle : Norisko.

Coordonnateur SPS : RATP.

Entreprises : Lot 1 Groupement Bec (mandataire)/Solétanche Bachy/Sotraisol/Urbaine de Travaux ; Lot 2 Groupement Razel (mandataire)/Bilfinger Berger.

Montant des travaux : 169,12 millions d’euros.

Durée des travaux : 30 mois.

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ENCADRE

Quelques données

150 000 m3 DE DÉBLAIS lors des travaux de prolongement de la ligne 4 sur 1,5 km. 160,12 MILLIONS D’EUROS le montant des travaux sur la ligne 4. 30 MOIS de travaux pour prolonger la ligne 4 de la porte d’Orléans à la mairie de Montrouge.

ENCADRE

L’EXPERT Yves Marrec, responsable RATP pour les prolongements des lignes 4, 8 et 12

« Plus de 10 km de prolongement du réseau »

« Les projets en cours, qui concernent les lignes 4, 8 et 12, permettront de drainer jusqu’à 2,4 millions de voyageurs supplémentaires par an sur le réseau parisien. Ils représentent, à terme, 10,8 km de prolongement dont 5,5 km seront achevés d’ici à 2013. Les 3,8 km d’aménagement de la ligne 12, en direction du nord, sont répartis en deux phases qui comprennent la réalisation de trois stations : Pont de Stains, Mairie d’Aubervilliers et Proudhon-Gardinoux. Seule cette dernière figure au programme de la première tranche qui permettra d’exploiter la ligne sur 1,5 km supplémentaire. Mais, dans un souci de rentabiliser le tunnelier utilisé, le tunnel sera réalisé dans son intégralité dès la première phase. Sur la ligne 4, la première tranche de 1,5 km permettra de rejoindre la station Mairie de Montrouge en 2012, le projet global étant de prolonger le tracé jusqu’à Bagneux. Mais, pour des raisons de financement, aucun horizon n’a encore été fixé. Les travaux de prolongement de la ligne 8, qui intègrent la création de la nouvelle station Créteil-Parc des Sports (appellation provisoire), consistent en l’exécution d’une plate-forme de 1,8 km. »

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