Technique et chantier

Travaux routiers L’écologie au cœur du chantier de l’A 65

Mots clés : Entreprise du BTP - Qualité environnementale - Réseau routier - Travail

L’autoroute A 65 est l’un des chaînons manquants tant attendus du réseau autoroutier français. D’ici à quinze mois, il devrait enfin relier Pau à Bordeaux en 1 h 50, et permettre ainsi de réaliser un gain de temps de 50 minutes. Le tracé, de 150 kilomètres, est ponctué de 150 ouvrages d’art, dont les viaducs du Gabas et du Riumayou, au sud, les plus emblématiques.

L’autoroute A 65 Langon-Pau constitue un chantier exceptionnel pour le grand Sud-Ouest par l’ampleur et le calendrier des travaux : 150 km de 2 × 2 voies, 150 ouvrages d’art dont 14 viaducs. Le tout dans un calendrier très serré : la livraison est prévue en octobre 2010, soit quarante-six mois à peine après le décret qui désignait, en décembre 2006, la société A’liénor concessionnaire de l’A 65.

Au total, le volume terrassé, déblais, remblais, terre végétale et couche de forme, représente 18 millions de mètres cubes. « Sur la partie nord, par manque de déblais, nous avons ouvert des carrières, dont nous avons extrait 1,5 à 2 millions de mètres cubes », explique Jacques Guichard, directeur travaux terrassement d’Eiffage.

Un chantier clé en main

Particularité du marché, le chantier est mené de bout en bout par Eiffage, qui constitue 65 % de la société concessionnaire. « Ici, poursuit Jacques Guichard, nous ne réalisons pas seulement le terrassement et la chaussée. C’est du clé en main, avec la construction des ouvrages d’art, des gares de péage et des zones de maintenance, qui entrent dans la concession. » D’où l’importance des moyens mis en œuvre. Pour le chantier, ce sont 500 machines opérationnelles de 20 à 100 t, et 600 au pic d’activité pour des équipes qui mobilisent de 1 500 à 2 000 personnes sur la totalité du chantier, dont 900 à 1 100 pour le terrassement. Aujourd’hui, suite au retard des arrêtés ministériels au démarrage cumulé à la tempête Klaus de janvier 2009, le chantier compte un retard relatif de deux mois, mais le terrassement est avancé à plus de 40 %.

Si l’archéologie a fourni de bonnes surprises (des sites préhistoriques sont mis à jour), c’est le milieu naturel qui a bénéficié des plus grandes attentions, modifiant quelque peu les habitudes de chantier.

Une particularité majeure du projet est en effet la prise en compte des contraintes environnementales. « Bien que nous ayons commencé avant le Grenelle, nous avons intégré l’ensemble des nouvelles dispositions, notamment pour garantir le respect des espèces végétales et animales. Des ouvrages d’art ont été allongés, des bassins tampons constitués dans ce but », explique Frédérique Alary, chargée de communication à A’liénor. « Nous avons mis en place des bassins d’assainissement provisoire pour limiter au maximum les rejets d’eau de chantier dans le milieu », ajoute Sylvain Courdier, directeur de travaux chez Eiffage TP. La société A’liénor a notamment acheté des terrains pour compenser le passage des infrastructures et confié leur gestion « environnementale » à des agriculteurs, via convention et subventions. « Notre projet est passé plusieurs fois au crible de la commission nationale de protection de la nature », poursuit l’ingénieur. Les actions et compensations environnementales représentent 15 % du montant des travaux (880 millions d’euros) sur un projet global de 1,2 milliard d’euros.

Concessionnaire : A’liénor (65 % Eiffage et 35 % Sanef).

Conception-construction : GIE A 65 Pau-Langon, groupement piloté par Eiffage Travaux publics et associant toutes les branches travaux du groupe (Eiffage Construction, Eiffel, Forclum, etc.).

Assistance à maîtrise d’ouvrage : APRR (Autoroute Paris Rhin-Rhône), filiale du Groupe Eiffage.

Montant global de la concession : 1,2 milliard d’euros.

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Quelques données

150 kilomètres de 2 × 2 voies relient Pau à Langon, traversant 3 départements et 52 communes.

18 millions de m3 de terre déplacée au cours des terrassements : déblais, remblais, terre végétale et couche de forme.

55 ans de concession La société concessionnaire A’liénor est détenue à 65 % par Eiffage et 35 % par Sanef.

ENCADRE

Deux tabliers mixtes parallèlesportés par 4 piles de 25 m

Le pont du Riumayou est un franchissement en deux tabliers écartés de 5 cm, sur 246 m de longueur. Ceux-ci sont portés par quatre piles de 25 m de hauteur, fondées à plus de 30 m de profondeur. « Contrairement au viaduc du Gabas, le plus important du parcours avec 444 mètres et une pente de 6 %, dont les ferraillages du tablier unique ont été posés après coup sur les poutres métalliques, les bipoutres du Riumayou ont été lancées par Eiffel avec les ferraillages », explique Sylvain Courdier, directeur de travaux d’Eiffage TP sur la section Sud. Le coffrage est ensuite réalisé grâce à des éléments de 10 à 11 m de largeur sur 21,50 m de longueur, positionnés par vérinage sur la face inférieure. L’opération est reproduite une dizaine de fois avec 250 tonnes de matériels de coffrage. Les culées ont été renforcées en béton pour s’asseoir sur les molasses. Des bassins de rétention provisoires sont encore visibles de part et d’autre du viaduc.

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