Technique et chantier

Travaux maritimes Rideau mixte pour le terminal de Fos

Mots clés : Acier - Entreprise du BTP - Matériel - Equipement de chantier - Transport maritime - Travail

Le port de Fos-sur-Mer s’agrandit de deux nouveaux terminaux pour porte-conteneurs. La technique du rideau mixte en tubes d’acier et palplanches a permis de gagner du temps dans un planning très serré.

Tripler la capacité de traitement des porte-conteneurs du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM). Tel est l’objectif du spectaculaire chantier « Fos 2XL » qui s’achèvera dans les prochains mois à l’extrémité de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer.

« Plutôt que d’envisager une simple extension des installations existantes, nous avons choisi de doter le port de deux nouveaux terminaux dont l’exploitation sera ultérieurement confiée à des opérateurs privés », explique Renaud Spazzi, directeur de l’aménagement, des travaux et des projets du GPMM. Le programme 2XL, dont la livraison est prévue en fin d’année, porte à la fois sur l’approfondissement par dragage du « cercle d’évitage » destiné à faciliter la rotation des plus grands navires, et sur la réalisation de deux nouveaux quais conçus avec un tirant d’eau de 16 m. Long de 400 m, le premier quai est implanté sur une emprise de 50 ha dans le prolongement de l’infrastructure actuelle. L’autre terminal, mesurant 800 m, est bâti sur une parcelle de 52 ha. Entre les deux infrastructures, une « rotule » de 300 m de long est aménagée pour recevoir les installations ferroviaires permettant de drainer les trafics jusqu’aux zones dédiées à la logistique.

Alors que le maître d’œuvre avait envisagé deux options constructives pour réaliser les nouveaux terminaux (caissons en béton armé ou quais sur pieux), le groupement lauréat de l’appel d’offres a proposé une variante consistant à mettre en œuvre la technique du « rideau mixte », ou « combiwall », pour édifier les quais.

« Cette solution nous a permis de tenir les coûts, de respecter le cahier des charges en matière de fonctionnalité des ouvrages tout en gagnant de précieuses semaines dans le planning très serré », souligne Fabrice Lemaire, directeur du projet chez GTM Sud, mandataire du groupement d’entreprises.

Pour construire les quais, le groupement a d’abord réalisé des ouvrages et des digues provisoires pour construire à sec des installations appelées à être immergées à 95 %. Ces digues provisoires construites, les travaux d’infrastructure ont commencé par la réalisation d’un rideau métallique de grandes dimensions.

Ce « combiwall » est une combinaison de triplettes de palplanches et de 383 tubes d’acier aux dimensions impressionnantes : 30 m de haut, 1,60 m de diamètre, 23 mm d’épaisseur, 30 tonnes de poids unitaire. En tête de chaque pieu métallique, fiché de 5 m à 9 m dans le substratum rocheux, a été coulé un béton armé sur une hauteur de 5 m afin de reprendre les efforts du tirant d’ancrage stabilisant le « combiwall ».

La seconde phase des travaux a consisté à réaliser 6 240 colonnes ballastées (de 14 m de profondeur) à l’arrière des quais pour améliorer les capacités portantes des sols en place et éviter la liquéfaction des sables de surface en cas de séisme, en jouant un rôle de drain. Enfin les travaux de superstructures ont été réalisés, en coordination avec les terrassements en grande masse et la réalisation des plates-formes finales.

Maître d’ouvrage : Grand port maritime de Marseille (GPMM).

Maître d’œuvre : GPMM, service études et travaux de Fos.

Entreprises : groupement GTM Sud (Vinci Construction France) (mandataire)/Eiffage TP/SAIPEM SA/Dredging international/Société de Dragage Internationale.

Bureaux d’Etudes : Vinci Construction France, bureaux d’études de Marseille et de Paris.

Montant des travaux génie civil et dragage : 206 millions d’euros HT (base octobre 2006).

Durée des travaux : automne 2006 – fin 2009.

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QUELQUES DONNEES

145 000 m3 de remblaisprovisoires en mer ontpermis de construireà sec les installations.16 000 TONNESde tubes et palplanchesont été nécessairespour édifi er les quaisselon la technique durideau mixte.135 000 m2 de platesformespermettentde tripler la capacité duport à conteneurs.

ENCADRE

Dragage de 6 millions de m3

Outre les opérations de génie civil, le chantier Fos 2XL a nécessité d’importants travaux maritimes. L’entreprise belge Dredging International et sa filiale française SDI étaient en charge de la partie immergée du programme. Les deux sociétés ont notamment dragué plus de 6 millions de m³ pour agrandir et approfondir la darse 2. Ces dragages ont plus précisément concerné la souille présente devant les quais afin de mettre en place des enrochements de protection de la structure. Les entreprises ont également dragué le cercle d’évitage élargi des navires, une bande de 50 m devant les quais et l’approfondissement de la darse existante de 5 m. A chaque phase du chantier, le sable et les cailloutis de Crau étaient récupérés pour la construction du quai et la protection des futures berges. La présence d’un site conchylicole à proximité des zones de dragage a imposé des contraintes environnementales fortes et interdit l’utilisation de surverse. Un système de contrôle en temps réel de la turbidité de l’eau (qui devait rester inférieure à 50 mg/l) a été mis en place à l’aide de bouées de mesure.

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