Chantier

Tout bois

Mots clés : Architecte - Architecture - Bois - Energie renouvelable - Rénovation d'ouvrage - Technique de construction

L’agence Waug Thistleton architects a livré début 2009 un immeuble d’habitation de huit étages, pulvérisant les records de hauteur pour la construction bois et démontrant le potentiel constructif des panneaux de bois massif de type KLH.

Situé dans le nord-est de Londres, surgissant dans un quartier de petits immeubles en briques, l’immeuble Stadthaus* présente un programme de 29 appartements, organisant verticalement la mixité sociale, avec dans les trois premiers étages des logements sociaux pour le Metropolitan Housing Trust, et dans les niveaux supérieurs des logements privés pour le promoteur Telford Homes, qui est maître d’ouvrage de l’opération. Ces deux programmes disposent de halls d’entrée, d’ascenseurs et d’escaliers séparés, et partagent un jardin. Derrière la façade simple, réalisée en panneaux Eternit, et dont le motif découle de la pixellisation d’un tableau de Gerhard Richter, se cache une solution constructive radicale et ambitieuse, l’architecte revendiquant avoir réalisé l’immeuble d’habitation en bois le plus haut du monde.

Ces dernières années ont vu l’apparition d’immeubles de logement en bois de plus en plus élevés, au fur et à mesure de l’évolution des réglementations incendie : R 5 – immeuble Holzhausen à Steinhausen, Suisse (cf. amc n° 174) -, R 6 -, immeuble E3 à Berlin, Allemagne -, R 7 à Växjö, Suède, etc. La France participe, avec un peu de retard, à ce mouvement, puisque se construit actuellement à Saint-Dié un R 5 en panneaux KLH. Longtemps limitée à des constructions basses (R 3 ou 4 selon les pays), la construction bois semble désormais en mesure de s’affirmer comme une alternative possible au béton ou à l’acier dans la plupart des programmes. L’immeuble Stadthaus, par sa reproductibilité, est une excellente démonstration de ce potentiel.

L’immeuble londonien s’affranchit des dispositifs de sécurité incendie adoptés généralement, et ne possède ni noyau de circulations verticales en béton (obligatoire par exemple en Suisse pour atteindre R 6), ni sprinklage. Ici, la totalité des éléments porteurs sont en bois, y compris la cage d’ascenseur. Les panneaux d’ossature ont été préfabriqués en Autriche, avec toutes les découpes et réservations. Le montage, effectué par quatre charpentiers avec l’aide d’une grue, a été rapide : 27 jours. L’assemblage est réalisé au moyen de seulement deux modèles de connecteurs vissés. La simplicité du détail et sa répétition permettent de minimiser le risque d’erreurs de mise en œuvre et...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 191 du 01/10/2009
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