Dossier Conception

Tirer le bâtiment vers le haut : entre contraintes et solutions

Mots clés : Efficacité énergétique - Réglementation thermique et énergétique

Surélever constitue une opportunité de contourner la rareté du foncier et d’améliorer la performance énergétique du bâti. Mais cela implique de jongler avec les obligations urbanistiques et constructives, et d’assimiler les caractéristiques de l’existant pour réaliser une extension cohérente sur les plans à la fois technique et esthétique.

«La surélévation est dans l’air du temps », constate, sans jeu de mots, l’architecte Sabri Bendimérad, enseignant et chercheur au laboratoire architecture, culture, société XIXe-XXIe siècles de l’école nationale supérieure d’architecture de Paris Malaquais et coauteur d’une publication sur le toit urbain (1). « En France, et en particulier dans les métropoles comme Paris, cela fait près d’une décennie que l’on cherche à réactiver des processus anciens de densification en réfléchissant aux opportunités d’extensions verticales que peut offrir le bâti existant. » Le manque de logements conjugué à la rareté et à la cherté des terrains constructibles font en effet des toitures « le point de convergence de nombreuses attentes ». La récente suppression des seuils de densité réglementaire – ou coefficients d’occupation des sols (COS) – inscrite dans la loi « Alur » de mars 2014 ainsi que dans l’ordonnance « Duflot » d’octobre 2013 est un signal fort des pouvoirs publics pour partir à la (re)conquête du foncier aérien.

Une opportunité de densifier : l’exemple de Paris

La ville de Paris est concernée au premier chef par ce parti pris de densification. Concrètement, alors que depuis le milieu du XXe siècle, le contexte réglementaire constituait un frein à la surélévation, ce type d’intervention est désormais facilité, afin de favoriser la création de logements dans un objectif de mixité sociale. Dans une récente étude (2), l’atelier parisien d’urbanisme a évalué les possibilités d’extensions par le haut que pourrait offrir cette loi dans la capitale, la suppression des COS ayant ouvert « des droits à construire complémentaires sur un nombre important de parcelles […] où les règles de densité empêchaient jusqu’alors de réaliser la totalité des surfaces permises par les règles volumétriques du PLU [plan local d’urbanisme]. » Ainsi, 8 850 parcelles comportant des bâtiments sur rue susceptibles d’être surélevés...

Vous lisez un article de la revue CTB n° 346 du 26/11/2015
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