Chantier

Théâtre national de Chaillot : les coulisses d’un chantier troglodyte

Mots clés : Accessibilité - Architecte - Fondation - Manifestations culturelles - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples

Pièce essentielle du palais de Chaillot, édifié en 1937 par les architectes Azéma, Carlu et Boileau sur les fondations du Trocadéro de Davioud, le théâtre national de Chaillot souffrait de maux jusque-là irrésolus. Les travaux en cours visent une meilleure accessibilité des salles Jean-Vilar et Firmin-Gémier, ainsi qu’une profonde restructuration de cette dernière. Visite à un an de la livraison, étape clé du chantier où les ouvrages révèlent la complexité de l’ensemble.

Depuis la création du Théâtre national populaire par Firmin Gémier, dirigé ensuite par Jean Vilar, les deux salles éponymes de ces grands réformateurs du théâtre français du XXe siècle sont passées par plusieurs remodelages. « Rolls Royce » voulue par Jack Lang alors directeur, la plus grande des deux – la salle Jean-Vilar – a été totalement réaménagée en 1975 par Fabre et -Perrottet, lesquels ont réparti 1 300 places en gradins sur vérins, dont la mécanique s’est figée rapidement. La salle Firmin-Gémier, en réalité un ancien bar-fumoir, est devenue une salle de théâtre dans les années 1970, lorsque de Mailly et Le -Marquet y ont incorporé une scène. Sauf que « l’accès des décors sur scène nécessitait de démonter des fauteuils, explique Vincent Brossy, architecte chargé de la restructuration en cours. L’équipement souffrait d’un mal chronique. Les parcours étaient incroyablement compliqués, aussi bien pour les techniciens que pour les artistes : la situation était crispée. » Le remodelage en profondeur offre l’opportunité de revoir l’organisation de cette « belle endormie » glissée dans les carrières de la colline de Chaillot.

Déjà, dans les années 1950, Jean Vilar, qui héritait de la salle de 1937, signifiait la difficulté de travailler dans un équipement enterré. « Faire du théâtre à Chaillot prouve que l’on peut en faire n’importe où », affirmait-il alors. Bertrand Desmarais, chef de projet pour l’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture (Oppic), précise : « C’est un bâtiment troglodyte. Il serait aujourd’hui impossible de réaliser une salle enfouie à 20 m sous le sol », soulignant l’important dénivelé entre les places du Trocadéro et de Varsovie, en contrebas. En prenant appui sur la structure des anciennes carrières, l’ensemble est entaillé, creusé selon la technique dite « du quart », afin de retrouver des articulations spatiales perdues dans les remaniements pluriels.Le projet architecturalrésulte d’un travail en coupe exemplaire. «...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 250 du 20/04/2016
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