Edito

The Final Countdown

Tic-tac, tic-tac… Le compte à rebours avance, inexorablement. Dans quelques jours, le second tour de l’élection présidentielle départagera les candidats d’un face-à-face inédit, mais clair. Difficile de présenter deux visions plus contrastées que celles de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron. Sur la mondialisation, le fossé est béant. Sur la perception de l’étranger, les positions se révèlent irréconciliables. Mais c’est sur l’Europe que la fracture paraît la plus évidente.

Alors que les programmes étaient les grands absents de la campagne du premier tour, la question européenne était l’une des rares qui permettaient, en filigrane, de structurer quelque peu le débat. Les acteurs de la construction en ont été témoins, à travers les polémiques sur le travail détaché et la clause Molière. Le premier est encadré par une directive européenne, la seconde en contradiction totale avec le droit de l’Union. La solution ? Mettre à bas la construction européenne, défend Marine Le Pen. Juchée sur son bulldozer, elle demande un permis de démolir.

Si jamais les déconstructeurs de l’Europe l’emportaient, le BTP devra bien se protéger.

Si jamais les déconstructeurs devaient entrer en action, le BTP français devra bien se protéger. D’abord, l’exportation du savoir-faire tricolore dans les travaux, l’ingénierie et l’architecture connaîtra un sérieux coup de frein. Or, certaines contrées, comme les Balkans (lire p. 24), se montrent friandes de notre expertise. Ensuite, quitter l’Europe, c’est tirer un trait sur des projets d’infrastructures, de transports et de rénovation énergétique. Enfin, et surtout, ici même dans l’Hexagone, rien de tel qu’une sortie de l’euro pour faire s’envoler les taux d’intérêt. Basée sur l’immobilier, la fragile reprise s’en trouverait immédiatement brisée (lire p. 22).

Si, à l’inverse, le candidat pro-européen devait l’emporter, nous devrions cependant rester exigeants. Car se contenter de laisser la construction européenne suivre son bonhomme de chemin, ce serait préparer de nouveaux comptes à rebours toujours plus angoissants.

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