Réalisations CARL FREDRIK SVENSTEDT

TARADEAU – CHAI VINICOLE

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Établissements industriels, agricoles, ICPE - Produits et matériaux

Sur les terres du château de Selle, en Provence, le nouveau chai des domaines Ott est à l’image d’un écrin de dentelle en pierre massive. Aussi aérien que puissant, il s’affirme autant par la justesse de son intégration paysagère que par la haute efficience du bâtiment technique qu’il abrite.

Quand on approche du domaine, c’est d’abord une ligne ocre qui se dessine à l’horizon du ciel provençal, puis un édifice sans « véritable » façade : un objet architectural semblant inscrire sa présence par le seul défilement de vastes écrans de pierre plus ou moins ajourés. La volumétrie est simple, ordonnée par deux murs de 110 m de long érigés parallèlement entre la départementale et les restanques. Côté route, le bâtiment dessine une courbe à peine prononcée, mais suffisante pour accompagner la vitesse des voitures et créer un effet cinétique marquant une direction. A l’arrivée sur le parvis, cette peau changeante laisse place à un subtil empilement de blocs de pierre qui, paradoxalement, donne l’impression d’être à taille humaine. Appelant à toucher la matière, ces murs jouent sur l’écartèlement de leur masse et de leur épiderme pour donner corps à une silhouette dense mais poreuse. « Au vu de la taille considérable du chai, j’ai cherché à en multiplier les lectures à différentes échelles du paysage », explique Carl Fredrik Svendstedt. S’il est familier du travail de la pierre, l’architecte rappelle le voisinage de l’abbaye du Thoronet pour justifier le recours à un matériau qui lui a paru d’une évidence matérielle et temporelle. Ici, il a choisi une pierre du Gard, un calcaire pas très dense et idéal pour constituer des blocs massifs. Identiques, ces derniers mesurent 1 x 1,5 m et pèsent une tonne. Autoportants, ils sont simplement posés sur les fondations en béton et confortés par des raidisseurs tous les 5 m, conformément à la réglementation sismique. « Par sa clarté géométrique, ce dispositif mathématique simple et harmonieusement compréhensible exhale une certaine poésie », estime...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 262 du 14/09/2017
PAS ENCORE ABONNÉ
Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X