Territoires Armentières

Tank Architectes propose une réécriture du balcon en forêt

Mots clés : Architecte

Dans un contexte très contraint, est-il encore possible d’apporter une touche de poésie à un programme de logement social ? Les architectes lillois de l’agence Tank en font la démonstration à Armentières (Nord), où ils répondent à une commande de 83 logements de Partenord Habitat, dans le cadre d’une opération labellisée CQFD (Coût Qualité Fiabilité Délais) par le Puca (Plan urbanisme construction architecture) et conduite par Norpac.

De la végétation existante, ils ont fait le point d’appui de leur dessin. « Pour utiliser ce patrimoine, nous avons d’abord cherché à gérer les densités », explique l’architecte Lyderic Veauvy. Il en résulte une organisation par plots (5 au total), avec deux typologies de bâtiment (3 pentagones et 2 hexagones), dont les hauteurs (R + 3) et (R +  5) viennent s’inscrire dans la course du soleil. Mais la vraie valeur ajoutée du projet, ce sont des balcons de 7 m2 qui, pour reprendre l’image de l’architecte, « poussent comme des bourgeons » aux angles, offrant une profondeur de vue. Des balcons conçus en 14 versions différentes pour ouvrir en grand les perspectives et permettre aux habitants de se projeter dans la nature.

Balcons clipsés en dix minutes.

« Lorsque nous avons découvert le projet, nous nous sommes demandés comment nous allions pouvoir le faire passer dans notre enveloppe (un peu plus de 9 millions d’euros prix de vente), sourit avec le recul Philippe Collart, directeur maîtrise d’ouvrage de Partenord Habitat. Mais la procédure CQFD nous a permis de trouver la ligne de flottaison. » Grâce notamment à l’industrialisation de ces fameux balcons en acier galvanisé, bois et aluminium extrudé, fabriqués par l’entreprise de la région nantaise Equipe-M. L’utilisation de la maquette numérique (BIM) a, par ailleurs, permis la définition d’un système d’accrochage innovant. D’ordinaire, les balcons sont placés en fin de gros œuvre, ce qui complique naturellement le bardage. Mais sur le chantier d’Armentières, c’est l’inverse : le bardage intervient en premier et ce n’est qu’ensuite que les balcons sont clipsés en à peine dix minutes sur quatre inserts métalliques fixés dans les voiles. « Le balcon fait poutre, explique Lyderic Veauvy. Et comme celui-ci est contreventé, il est possible d’affiner. »

La forte relation de l’architecture avec la nature se prolonge dans l’utilisation des mêmes matériaux bruts (sans enduit) pour le bardage : bois en pose verticale sur les façades ouest et sud, et aluminium à l’est et au nord, afin d’organiser un jeu de reflets au fil des heures. « Comme quoi on peut être poétique tout en respectant un équilibre financier », conclut Lyderic Veauvy, qui déplore que, parfois, la conception-réalisation réduise le logement à un produit.

Plus d’infos sur www.lemoniteur.fr/puca

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