Régions Grand Ouest

Sur les traces de l’ardoise espagnole

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Fiscalité - Gares, aéroports - Produits et matériaux - Urbanisme - aménagement urbain

4e place française des marchés de bureaux pour Nantes, selon BNP Paribas Real Estate.

250 M€ hors taxes seront investis au total sur le Cours Saint-Laud, le quartier d’affaires d’Angers Gare.

900 logements, répartis dans neuf opérations, sont programmés sur la ZAC Baud-Chardonnet, à Rennes.

Avec 11 millions de m posés par les couvreurs tous les ans, la France est le premier consommateur au monde d’ardoises naturelles, notamment le Grand Ouest où ce matériau s’est imposé grâce aux ardoisières d’Anjou. Pourtant, depuis trois ans, cette pierre schisteuse, issue de la transformation d’argiles océaniques compactées, n’est plus extraite en France. Après la fermeture de la dernière mine, celle des Ardoisières d’Angers (groupe Imerys) à Trélazé (Maine-et-Loire), le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a confirmé l’épuisement de ce gisement exploité depuis six siècles. Aujourd’hui, la quasi-totalité des ardoises posées en France provient de la région d’O Barco de Avila, en Gallice, au nord-ouest de l’Espagne. Alors qu’à Angers, il fallait parfois descendre jusqu’à 400 m pour trouver une veine exploitable, les carrières en majorité à ciel ouvert de cette région ont des réserves estimées à plus d’une centaine d’années.

Ironie du sort, ce sont les géologues des Ardoisières d’Angers qui, dans les années 1950, se sont s’intéressés au potentiel de la Gallice. Dans ces carrières, les explosifs sont peu utilisés. Les blocs de roche sont découpés au fil à diamant, technique empruntée aux carrières de marbre. Puis ils sont acheminés en dumper dans une usine où ils sont découpés à une taille adaptée à la chaîne de production. Enfin, les blocs sont fendus à la main en tranches de 5 mm d’épaisseur. Un bon « maître fendeur » produit en moyenne 6 000 ardoises par jour.

Restructuration du marché. Reste alors à tailler les ardoises à la forme et aux dimensions correspondant aux différents marchés et à les mettre en palette. Une étape généralement confiée à des femmes qui font « sonner » chaque ardoise pour s’assurer de sa bonne qualité. Un temps critiquée en raison de la présence de pyrite dans certains lots, la qualité de l’ardoise espagnole s’est beaucoup améliorée. « Pour identifier chaque produit, nous avons mis en place un système de traçabilité avec code-barres », explique Erwan Galard, responsable marketing de Cupa Pizarras, leader mondial du secteur. Pour l’instant unique, ce système pourrait être repris par les autres producteurs. Car l’époque des petits carriers indépendants se termine et le marché se structure à grand pas. Ainsi, derrière Cupa Pizarras (22 carrières, 180 000 tonnes, 430 millions d’euros de chiffre d’affaires), on trouve le groupe allemand Rathscheck et les distributeurs La-rivière (marque Galiza) ou Saint-Gobain avec les enseignes Asturienne et Point. P (marque Cada). Mais, pour les producteurs d’ardoise naturelle, la concurrence vient surtout du toit plat et des matériaux de synthèse. Le marché, qui a atteint son pic en 2007 avec 300 000 tonnes, est redescendu à 200 000 tonnes.

Le retour en grâce des matériaux naturels chez les architectes pourrait inverser la tendance, surtout qu’à l’image de Cupa, les industriels misent sur l’innovation avec des systèmes de façade ventilée (Cupaclad) ou des panneaux thermiques ( Thermoslade) qui utilisent les propriétés de l’ardoise et transforment le rayonnement solaire en énergie pour la production d’eau chaude sanitaire.

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