Architecture Technique Italie

Structure éphémère taillée en blocs

Mots clés : Produits et matériaux - Technique de construction

A Milan, un vaste pavillon d’exposition temporaire a été assemblé en quinze jours avec des éléments préfabriqués en pisé.

Pour l’Exposition universelle 2015 à Milan (Italie), le Maroc avait bâti un pavillon éphémère en terre crue. « Cette matière se prêtait naturellement au thème, Nourrir la planète, et renvoyait évidemment aux méthodes de construction ancestrales marocaines », explique Tarik Oualalou, architecte de l’agence Oualalou + Choi basée à Paris et à Casablanca. Le bâtiment de 66 x 15 m était composé de blocs préfabriqués à 1 km de l’Exposition, puis assemblés in situ en quinze jours à l’aide d’une grue. Ces blocs, qui mesuraient 2,40 x 2 m, étaient constitués d’un cadre en bois rempli d’un mélange compact de graviers, de chaux et de terre locale sur une épaisseur de 50 cm. « L’empilement variable de blocs – de deux à cinq – permettait de créer des volumes ambigus hors d’échelle, et de dessiner une skyline, indique l’architecte. Après, à chacun d’imaginer là une muraille, une casbah ou un village. »

La façade, brevetée, était autoportante. La toiture reposait sur une structure mixte de poteaux métalliques et de poutres en bois. Tarik Oualalou souhaitait démontrer ici qu’il était possible de réaliser un édifice hybride où la terre pouvait se marier avec d’autres matériaux. Selon lui : « Nous sommes à la fin de la marginalisation de la construction en terre, et au début de son intégration à l’industrie du bâtiment, affirme-t-il. Tous les acteurs du BTP s’intéressent à cette matière qui, pour être primitive, est dans l’air du temps en termes de développement durable. »

Démolition par arrosage.

Le pavillon d’exposition de 1 300 m² n’était pas climatisé parce qu’il avait été envisagé comme une « membrane climatique ». L’inertie thermique des parois en terre atténuait la température extérieure et les failles verticales ménagées entre les blocs de pisé laissaient passer l’air au travers de cordages. Après l’Expo 2015, le bâtiment a été démoli « en arrosant » la terre, plaisante le maître d’œuvre. Cette architecture temporaire est donc née et morte sur le sol d’où elle avait émergé. Mais la structure principale a été préservée et transportée en territoire marocain, à Meknès, pour y être reconstruite de manière permanente cette fois-ci. Le pavillon et son exposition y seront présentés au prochain Salon international de l’agriculture pour ceux qui n’ont pas pu se rendre en Lombardie l’an dernier. Les blocs de pisé seront alors fabriqués avec de la terre locale. Pour tous, il aurait été un non-sens écologique et économique d’utiliser la terre d’Italie au Maroc, et inversement.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Commissariat général du Maroc-Expo Milan 2015. Maîtrise d’œuvre : Oualalou + Choi (Tarik Oualalou et Linna Choi), architectes. BET : WIP ; AIA (pisé). MB Paysage, paysagiste. GL Events, scénographe. BECP, cuisiniste. Entreprise terre : Italiana Costruzioni. Surface : 1 300 m² Shon. Coût des travaux : 7,2 millions d’euros HT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X