Technique et chantier

Stationnement Les parkings véhiculent une nouvelle image

Mots clés : Aménagement paysager - Architecte - Architecture - Eclairage urbain - Energie renouvelable - Politique des transports - Stationnement - Transports

Qu’ils soient souterrains, en surface ou qu’ils fassent l’objet d’un bâtiment dédié, les parcs de stationnement prennent place dans le paysage architectural. Tout en privilégiant l’intermodalité, ils soignent désormais l’accueil, l’éclairage, la signalétique et le confort.

Claustrophobes, passez votre chemin ! Réputés pour être sales, sombres et anxiogènes, les parkings souffrent d’un sévère déficit d’image… C’est qu’en dépit des objurgations à leur préférer les transports collectifs, voitures et deux-roues continuent de déferler sur les villes en flots thrombotiques. Et comme il faut bien se garer à un moment ou à un autre…

Mal nécessaire donc, les parkings prennent place dans le paysage architectural (et le paysage tout court). Paradoxalement, ils deviennent aussi l’allié d’une mobilité douce en favorisant l’intermodalité. Ils accueillent ainsi, en plus des loueurs de voiture, les opérateurs d’auto-partage et leur flotte de véhicules, réservent des emplacements aux deux-roues ou proposent aux automobilistes d’y laisser leur véhicule pour rejoindre train ou tramway (parkings-relais).

Au plan architectural, les sous-sols oppressants aux odeurs de gazole laissent place à des plateaux bien éclairés, balisés de rassurants fanaux. Les graphistes rivalisent d’inventivité pour créer des signalétiques visuelles enfin lisibles, tandis que les acousticiens imaginent même des audioguidages favorisant l’accessibilité des lieux. Mieux conçu, mieux éclairé, bardé de panneaux photovoltaïques, voire végétalisé, le « silo à voitures » accomplit sa mue pour véhiculer une image enfin différente des parkings.

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ENCADRE

Avignon (Vaucluse) Jeu de lumières en sous-sol

Au pied des anciens remparts de la ville d’Avignon, entre bâtiments classés et gare SNCF, le parking Jean-Jaurès (715 places) se développe sur sept niveaux de sous-sol, trente mètres de large et cent mètres de long. Soucieux d’y soigner les ambiances intérieures, son architecte, Nicolas Lebunetel, y a décliné une thématique lumineuse illustrant la vocation de la cité, ville « d’art et de lumière » et « terre de festivals ». L’agence de Philippe Hutinet, concepteur-lumière, a ainsi développé une approche fonctionnelle et signalétique. « L’éclairage général répond aux règles élémentaires de sécurité, crée les conditions du confort visuel pour tous les utilisateurs, et favorise la perception et la lisibilité des espaces », explique-t-il. La lumière colorée est aussi utilisée pour son apport ludique. Ainsi, les sept niveaux sont identifiés par un code couleur singulier, appliqué au balisage des bandes de roulement, aux parois lumineuses situées à l’extrémité de chaque plateau et à la signalétique. La couleur ambre se retrouvant à tous les niveaux dans les cages d’ascenseur. Des motifs croissants et décroissants, disposés sur les parois des rampes hélicoïdales, induisent un effet cinétique lors des déplacements : le premier quart de révolution est à la couleur de l’étage de départ et le second quart, à celle de l’étage d’arrivée. Le repérage au sol des zones piétonnes s’effectue par des bandes de circulation peintes en vert à tous les niveaux, bordées d’un balisage lumineux de diodes électroluminescentes (LED). La signalétique d’ensemble reprend le principe d’une couleur pour chaque fonction : blanc sur fond vert pour la signalétique dévolue aux piétons, couleur du niveau pour les autres panneaux. Si le niveau -1 est réservé aux usages spécifiques (deux-roues, véhicules pour handicapés, service voiturier, véhicules électriques, etc.), les six autres niveaux fonctionnent de manière identique avec une allée de circulation en sens unique qui distribue deux rangées de places disposées en épis, de part et d’autre. La construction proprement dite s’est effectuée grâce à une paroi moulée profonde de vingt mètres formant mur d’enceinte, permettant de travailler hors des eaux de la nappe phréatique. Les travaux ont été effectués du haut vers le bas, par la réalisation de la dalle supérieure en premier, puis, par excavation « en taupe » avec coulage du plancher bas du niveau -1 et, ainsi de suite, jusqu’au niveau -7. Enfin, le choix d’implanter cet équipement à l’entrée principale de la vieille ville a entraîné des impératifs environnementaux. La conservation de plusieurs platanes, notamment, aura nécessité leur spectaculaire déplacement sur quinze mètres de distance durant les premières phases du chantier, avant que tous ne reprennent leur emplacement initial !

Maîtrise d’ouvrage : Ville d’Avignon.

Maîtrise d’ouvrage déléguée : Citadis.

Maîtrise d’œuvre : Nicolas Lebunetel, architecte-urbaniste mandataire. Imagine, architectes. Permis d’architecture, architecte. Philippe Hutinet, concepteurs lumière. Citare, paysagistes. Ingérop, BET.

Entreprise générale : Cari Giraud Med.

Surface : 21 000 m2 HOB.

Montant des travaux : 16,20 millions d’euros HT.

ENCADRE

Mérignac (Gironde) Parc-relais vêtu d’acier

Avec ses 9 m de hauteur et ses 250 m de développé de façade (412 places), cet équipement aurait pu faire figure de verrue dans son environnement. Tout le travail des architectes a précisément consisté à en maîtriser l’impact visuel sur le site. « Côté espace public, le rez-de-chaussée accueille des commerces. En couronnement, les espaces de stationnement s’enveloppent d’une vêture transparente. Dès lors, le bâtiment est perçu comme un confortable R 1 »,explique Pierre Schall, architecte.

Le volume lui-même est composé d’un empilement de plateaux identiques, ouverts sur les quatre côtés. Sur la façade principale prennent place les services liés au tramway et les commerces. Les circulations verticales sont positionnées au plus près de la station de tramway, au débouché des usagers de la SNCF. Les accès véhicules et vélos – distincts – s’effectuent dans la continuité des flux de circulation.

Structure préfabriquée

L’espace de stationnement, constitué par une succession de planchers inclinés, est accessible depuis son point bas. L’accès des vélos, sur une zone dédiée, mène au parc réservé aux deux-roues, situé face au local du gardien. La simplicité du parti architectural a conduit à avoir recours à la préfabrication avec, à la clef, d’appréciables économies : structure béton armé poteaux-poutres (trame de 6,90 m x 15 m), planchers en dalle alvéolaire de 0,32 m d’épaisseur et de 15 m de portée. Enfin, la vêture des façades est réalisée en tôle d’acier découpée de motifs aléatoires, fixée à une ossature métallique primaire.

A l’intérieur, ces perforations procurent une lumière changeante propice à la création d’une ambiance apaisante. Des motifs qui se mêlent visuellement à la végétation déjà très présente sur le site pour réaliser une « ornementation chatoyante ».

Maîtrise d’ouvrage : communauté urbaine de Bordeaux.

Maîtrise d’œuvre : Pierre Schall, architecte. André Lortie et Vincent Birkui, architectes associés. Cetab, BET et économiste. Philippe Hilaire, paysagiste. Présent, coordination SPS.

Bureau de contrôle : Apave.

Principales entreprises : Demathieu & Bard, associée à Roynel (groupement d’entreprises générales).

Surface : 10 360 m2.

Coût : 4,73 millions d’euros HT.

ENCADRE

Sucy-en-Brie (Val-de-Marne) Un parking-silo très urbain

Implanté le long des voies SNCF, face à la gare RER de Sucy-en-Brie, cet imposant bâtiment s’installe au-dessus d’un bassin de stockage d’eaux pluviales qui sert de fondation à l’ouvrage. Composé de huit demi-niveaux formant une rampe continue, il affiche une capacité de 491 places, dont onze pour les véhicules des personnes à mobilité réduite (PMR) et deux pour des voitures électriques.

En fonction de leur orientation et de l’environnement, toutes les façades sont traitées différemment : opaques le long des voies ferrées, elles sont traitées, du côté opposé, par un jeu de panneaux de polycarbonate (Danpalon opale de chez Everlite) et de béton poli blanc. Des lisses en acier y suivent la pente de la rampe. La façade sud, quant à elle, est intégralement végétalisée (Limeparts). L’entrée s’effectue en pied de façade ouest. Le rez-de-chaussée se décompose en un local d’exploitation, un local de repos, des sanitaires publics, des circulations verticales (escaliers et ascenseur), des places de stationnement, un local à moto et un local à vélo. Le reste des places de stationnement se répartit dans les étages supérieurs.

Un travail particulier a été effectué sur la signalétique des lieux. L’utilisation de deux couleurs distinctes permet également de renforcer la lisibilité et le repérage. Un bâtiment silo qui s’anime, la nuit tombée, grâce aux matériaux utilisés en façade et aux systèmes lumineux colorés installés à l’intérieur de l’équipement.

Maîtrise d’ouvrage : communauté d’agglomération du haut Val-de-Marne.

Maîtrise d’œuvre : Carbonnet Architectes (Thierry Carbonnet, Laurent Jacquez), Iosis Infrastructure, ingénieriste.

Principales entreprises : Bouygues TP (entreprise générale) et Spie Batignolles TPCI.

Surface : 13 500 m2.

Coût des travaux : 5,20 millions d’euros HT (soit 10 590 euros HT/place).

ENCADRE

Montélimar (Drôme) Stationnement dans les douves

«En abordant le projet pour le parking Saint-Martin, nous avons voulu éviter deux écueils, explique Noureddine Souilah-Edib, architecte. Ne pas reproduire la banalité propre à ce type de programmes et éviter d’y transposer des solutions incompatibles avec son bon fonctionnement. » Ce parc de 359 places sur deux niveaux s’inscrit dans la reconversion d’une ancienne caserne. Implanté le long de l’avenue Saint-Martin, il occupe les douves du bâtiment principal. Cette disposition permet notamment de créer un parvis en toiture-terrasse du parking. La conception d’ensemble a fait l’objet d’une réflexion qualitative afin de créer une ambiance sécurisante par une attention particulière portée au traitement de l’accueil, à la configuration des lieux, à l’aménagement des parcours piétons et à l’éclairage. Ainsi, la structure met en œuvre des grandes portées afin de diminuer le nombre de poteaux. Pour l’éclairage, facteur rassurant et élément de confort à part entière, un niveau d’éclairement moyen supérieur à 250 lux a été mis en œuvre, via une nappe de néons qui renvoie en second plan les retombées de poutres et diffuse une lumière uniforme. Un travail accompagné d’une polychromie en résonance avec l’éclairage, qui propose des nuances claires et lumineuses.

Maîtrise d’ouvrage : Saem Montélimar Développement.

Maîtrise d’œuvre : Noureddine Souilah-Edib, architecte mandataire. Richard Roman, architecte associé. Agence TER, paysagistes. ICA, Ingénierie. Dicodat, OPC. Epsi, coordination SPS.

Bureau de contrôle : Qualiconsult.

Principales entreprises : Berthouly (gros œuvre), Asten (étanchéité), SBR (constructions métalliques), Flippo (peinture de sol).

Surface : 8 000 m2.

Coût : 8,08 millions d’euros HT.

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