Architecture Equipement

Splendeur de la mixité

A Rennes, dans un quartier en rénovation depuis soixante ans, la cité internationale Paul-Ricœur se fait l’écho des problématiques contemporaines.

Le bâtiment qui abrite la Cité internationale Paul-Ricœur est à l’image de ce quartier de Rennes (Ille-et-Vilaine) : hétérogène. Et pour cause : son environnement est le fruit d’une opération de rénovation urbaine de ce centre-ville commencée en… 1955, sous l’égide de l’un des principaux maîtres d’œuvre de la reconstruction, l’architecte-urbaniste Louis Arretche (1905-1991). Jusqu’en 1986, ce dernier a fait ici sortir de terre un ensemble de barres et de tours, aménagé d’espaces publics tirés au cordeau, dans la veine de la ville moderne corbuséenne.

Après une vingtaine d’années d’interruption, le chantier reprend au début des années 2000, et avec lui de nouveaux styles architecturaux surgissent. Dont celui de Christian de Portzamparc, au travers de deux équipements qui viennent interrompre, telles deux pièces uniques, le rythme répétitif du style Arretche.

Aujourd’hui, avec la création de la Cité internationale Paul-Ricœur, conçue par les architectes Isabel Hérault et Yves Arnod, une autre écriture vient s’ajouter aux précédentes, porteuse de deux problématiques actuelles : mixité des programmes (siège de l’université Bretagne Loire, restaurant universitaire, résidence hôtelière pour chercheurs et centre sportif) et densité urbaine. Leur association génère un bâtiment compact, de forme hybride. « La multifonctionnalité optimise l’usage du bâtiment, qui vit ainsi jour et nuit », souligne Isabel Hérault.

Divers et unitaire. Bureaux, restaurant et salles de sport sont abrités dans un corps de bâtiment ancré au sol, qui forme un socle d’équipements publics en connexion avec l’esplanade. L’enveloppe de ce socle est rythmée de brise-soleil en aluminium, verticaux ou horizontaux, qui masquent les différences programmatiques. Au-dessus, s’élève le second corps de bâtiment, une tour de sept niveaux contenant 79 studios, dont le déhanchement génère un effet de rotation dans le ciel. Ses façades, tantôt hérissées de balcons diversement orientés, tantôt percées de discrètes fenêtres glissées entre deux panneaux de bardage, indiquent la vocation résidentielle de cette partie de l’édifice, voire la surligne à la manière d’un hôtel de type Ibis.

Jardins d’hiver de plantes exotiques. C’est sur le côté opposé, tourné vers la ville historique, que la résidence pour chercheurs dévoile son noble et chaleureux visage, grâce à une façade entièrement vitrée derrière laquelle sont glissés, à chaque niveau, des jardins d’hiver collectifs où poussent des plantes exotiques. Comme une grande serre verticale à l’échelle urbaine. Grâce à un dispositif de terrasses et patios creusés au centre de l’édifice, les différents programmes entrent en relation visuelle les uns avec les autres, créant ainsi une remarquable fluidité spatiale et un fort sentiment d’unité. Les bureaux de l’université sont ainsi en balcon sur la grande salle multisport et la salle de danse ouvre sur la résidence pour chercheurs. Le contact avec la ville est constant, et les cadrages sur le paysage aussi différents que le sont les typologies d’espaces, bureaux, studios, gymnase. Une mixité totale.

Maîtrise d’ouvrage :Rennes Métropole. Maîtrise d’œuvre : Hérault Arnod Architectes (mandataire), Mickael Dusson (chef de projet) ; BET : BMF (économiste), Batiserf (structure), Inex (fluides), Artelia (restauration). Principales entreprises : Cardinal (terrassement, gros œuvre), ERTCM (charpente métallique), Loison (façades alu), Seo (étanchéité, toitures végétalisées). Surface : 7 389 m Shon. Montant : 12,8 M€ HT.

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ENCADRE

L'œil de la rédaction.

Fidèles à leur écriture architecturale, à la fois dynamique et colorée, Isabel Hérault et Yves Arnod proposent ici un bâtiment hybride, en osmose avec son environnement, qui vient réveiller le centre-ville de Rennes.

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