Architecture Etanchéité

Soprema vise la sortie du tout pétrole

Mots clés : Carburant - Etanchéité

Le spécialiste de l’étanchéité porte un vaste projet de recherche pour substituer des matériaux biosourcés aux dérivés pétroliers.

« Dans notre industrie, 100 % des matières premières sont dérivées du pétrole », rappelle Pierre-Etienne Bindschedler, président de Soprema, entreprise spécialiste de l’étanchéité. Une homogénéité problématique quand le prix du baril de brut flambe, comme ce fut le cas entre 2008 et 2010 ! D’autant plus qu’à la même période, les conséquences du changement climatique sont devenues prégnantes. Dans ce contexte, trouver des alternatives aux produits qui entrent dans la composition des membranes d’étanchéité est une nécessité.

Pin, lin et algues. Lancé en 2010, le projet Mutatio représente un investissement de 21 millions d’euros et implique Soprema avec huit partenaires (1). Son objectif est, à terme, de remplacer 65 % des matières premières d’origine fossile par des matériaux écosourcés. Pour l’atteindre, les entreprises engagées travaillent selon deux grands axes : l’exploration des potentialités des matériaux issus de la biomasse (dérivés du pin, fibres de lin, lignine, tanin et huiles algales) et le recyclage des anciennes membranes d’étanchéité et des huiles automobiles ou alimentaires.

Mutatio a déjà porté ses premiers fruits. En juillet 2014, Soprema a mis sur le marché une membrane d’étanchéité à base de polymères verts, Mammouth Neo. « Dans cette membrane, les polymères représentent 20 % de l’ensemble et ils sont entièrement biosourcés », précise Rémi Perrin, directeur R & D chez Soprema. Rappelons qu’une membrane d’étanchéité se compose à 60 % de bitume, à 15 % de polymère et d’un renfort qui représente 25 % du produit. Dans la prochaine version, qui sera disponible début 2018, la moitié du bitume sera également remplacée par des résines de pins et de l’huile végétale.

Parallèlement, l’industriel met au point une membrane d’étanchéité dont 100 % du bitume a été remplacé par des produits d’origine végétale. Ce prototype est actuellement en phase de test à Strasbourg, où il a été mis en œuvre sur une toiture d’environ 250 m2 . Autre résultat du projet Mutatio, la gamme d’étanchéité liquide Alsan de l’industriel sera étoffée avec une solution sans solvants. Enfin, sera aussi lancée début 2018 une nouvelle armature, constituée majoritairement de fibres de lin et mise au point grâce au partenariat avec Van Robaeys Frères, entreprise spécialisée dans la culture et la préparation de cette plante.

Pilote industriel. La prochaine étape verra la mise en place d’un pilote industriel sur le site de Soprema à Val-de-Reuil (Eure). L’objectif sera en particulier de préparer l’industrialisation du bitume à base de dérivés de résines de pin et d’huile végétale. Par ailleurs, Mutatio a permis de poser des jalons pour les recherches futures. Ainsi, en laboratoire, la lignine et les tanins entrent dans la composition des mousses d’isolation à base de polyuréthane, tandis que des polymères biosourcés se substituent au PVC. Enfin, une première mousse d’isolation à base d’huiles de micro algues a pu être formulée. Des projets collaboratifs doivent maintenant être mis en place afin de poursuivre ces travaux sur ce qui pourrait devenir les matériaux de demain.

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(1) Ces partenaires sont : DRT ; Oleon ; Van Robaeys Frères ; l’Institut français du textile et de l’habillement ; l’Institut de chimie et procédés pour l’énergie, l’environnement et la santé (ICPEES) ; la Banque publique d’investissement (Bpifrance) ; le pôle de compétitivité Fibres Energivie ; et le pôle de la bioéconomie IAR.
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