Territoires

Somme L’art contemporain pour reconquérir le paysage du fleuve

Au-delà des rieux (canaux), des îlots et des sous-bois de l’emblématique site amiénois des Hortillonnages, le festival international culturel Art, villes & paysage, initié par la Maison de la culture d’Amiens en 2010, se prolonge pour la première fois le long de la Somme. Parmi les quelque 40 jardins et autres installations réalisés par de jeunes créateurs, le collectif Cap paysage – composé de l’architecte Clara Magain, de la paysagiste Agata Bednarczyk et du plasticien Pierre Vuilmet – investit, avec l’œuvre « Horizon », les rives du fleuve, au pied de la maison éclusière de Long, à moins d’une quarantaine de kilomètres de la cité amiénoise.

Cette réalisation, bénéficiaire du partenariat du conseil départemental, s’inscrit dans le grand projet Vallée de Somme, qui consiste en la réappropriation et la mise en valeur du fleuve de Péronne à Saint-Valery-sur-Somme. Le point d’orgue en est la réhabilitation de neuf maisons éclusières, opérée notamment par l’agence amiénoise Deprick et Maniaque. « Horizon », c’est, en bord de Somme, un peu l’esprit de la Biennale d’art contemporain Estuaire, qui, de 2007 à 2012, a ponctué d’œuvres remarquables les berges de la Loire de Nantes à Saint-Nazaire. Amiens et Nantes n’ont pas que Jules Verne en commun…

Nouvel Horizon.

Implantée hors d’eau sur le chemin de halage, « Horizon » est « une répétition de rondins verticaux, d’épaisseur et de hauteur variées, qu’une prairie fleurie vient rehausser, décrit Clara Magain. Minimale et d’une esthétique brute, l’installation respecte son environnement tout en offrant une nouvelle ouverture sur le paysage et… l’horizon, là où terre et ciel se rejoignent. “Horizon” se veut d’ailleurs aujourd’hui le belvédère de la maison éclusière de Long ». Accordant beaucoup d’importance à la lumière et à sa dimension, le collectif Cap paysage a en outre conçu un système restituant des sources lumineuses afin de sublimer le site à la tombée de la nuit.

« Ce n’est ni en architecte, ni en jardinier, c’est en poète et en peintre qu’il faut composer les paysages, afin d’intéresser tout à la fois l’œil et l’esprit », avait l’habitude de dire René-Louis de Girardin, le créateur des jardins d’Ermenonville. Cap paysage livre ici une nature qui s’adresse à l’homme sensible.

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