Actualité Résultats annuels 2013

Solides en France, les majors visent l’export

Mots clés : Entreprise du BTP

On ne change pas une stratégie qui gagne. En 2013, Vinci, Bouygues et Eiffage ont amélioré leur productivité en France et intensifié leurs efforts pour croître à l’international. Mais les cibles, les moyens et les ambitions diffèrent.

Vinci, Bouygues et Eiffage ont réalisé un bon exercice 2013. Vinci et Eiffage affichent un chiffre d’affaires en hausse de 4,4 % pour le premier et de 1,6 % pour le second (voir détails ci-contre). Seul Bouygues affiche un chiffre en léger retrait (- 1 %), la faute aux difficultés de la télévision et la bataille commerciale dans les télécoms. Mais « les activités de construction ont une belle manière de traverser la crise », a souligné Martin Bouygues, lors de la présentation des résultats le 26 février.

Amélioration des marges

S’agissant des activités « construction », même si les périmètres et les organisations des majors sont trop différents pour être comparés, on constatera tout de même que l’activité en 2013 a été de bon niveau et surtout que les marges opérationnelles se sont redressées : 3,2 % pour Eiffage, 3,9 % pour le pôle construction de Bouygues et 4,1 % chez Vinci pour la partie travaux ou « contracting ». Yves Gabriel, P-DG de Bouygues Construction, peut même se targuer d’être le premier contributeur au résultat opérationnel du groupe grâce « à une très bonne tenue des chantiers en cours ». Outre cette discipline quotidienne, l’amélioration des marges est aussi le fruit de restructurations. Quelques exemples : chez Eiffage Construction et Eiffage Energie, le regroupement d’entités a permis la réduction des frais fixes. Chez Colas, la nouvelle organisation (unification sous une seule bannière et organisation autour de sept filiales régionales) « a été réalisée en un temps record et les gains de productivité sont au rendez-vous », s’est félicité son P-DG, Hervé Le Bouc. Notons encore le recentrage de Vinci Facilities « vers les bons clients et les contrats à forte composante technique », dixit Xavier Huillard, P-DG du groupe.

Les grands projets à la rescousse

En France, l’activité a bien résisté. Parmi les explications avancées, celle de Jean-Louis Servranckx, président d’Eiffage Travaux publics : « Nous n’avons pas ressenti l’arrivée des élections municipales. Le développement de l’intercommunalité explique certainement une sensibilité moindre au cycle électoral. » Autre soutien à l’activité dans l’Hexagone : Balard pour Bouygues, LGV Sud Europe Atlantique (SEA) et Bretagne-Pays de Loire (BPL) pour Vinci et Eiffage… La LGV SEA participe pour presque 8 % au chiffre d’affaires de Vinci Construction (16,8 milliards). De la même manière, BPL pèse 12 % du chiffre d’affaires d’Eiffage Travaux publics (4,2 milliards). Cette conjonction de gros chantiers va toutefois s’achever avant que le plan de relance autoroutier et le Grand Paris ne prennent potentiellement le relais. Là aussi, les majors ont déjà pris les devants en affirmant leurs ambitions à l’export (voir encadrés). Et Pierre Berger, P-DG d’Eiffage, de résumer l’état d’esprit général : « L’international, c’est avec prudence et pour réaliser des affaires avec des niveaux de marge nettement supérieurs à la France. »

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ENCADRE

Vinci - Améliorer les synergies pour plus de valeur ajoutée

« Nos performances en 2013 ont été meilleures que prévu. Et comme envisagé, l’international a progressé deux fois plus vite que la France. » En quelques mots, Xavier Huillard, P-DG de Vinci, a résumé et fait le bilan de sa stratégie. La prise de commandes à l’export a progressé de 7,8 % (à 15,8 milliards) et intègre des contrats importants comme le pont de l’Atlantique au Panama, des réservoirs de stockage de GNL en Russie, ou encore le PPP pour l’« Ohio East End Crossing » aux Etats-Unis. Pour Xavier Huillard, c’est peut-être l’amorçage du concept de PPP/concession dans le pays, « ce qui est d’autant plus intéressant qu’il y a un besoin significatif de renouveau des infrastructures ». Globalement, le P-DG entend faire davantage jouer ensemble « les instruments de l’orchestre Vinci ». Une volonté de synergies qui pourrait s’exprimer en Afrique où Vinci bénéficie de positions solides avec Sogea Satom ou Cegelec Maroc notamment. Enfin, après l’acquisition d’ANA (société concessionnaire pour cinquante ans des dix aéroports du Portugal), Xavier Huillard considère que Vinci Airports joue dans la cour des grands et peut prétendre à des appels d’offres d’envergure. En ligne de mire, un renouvellement de concession à Santiago au Chili et le déplacement/reconstruction de l’aéroport Cuzco au Pérou.

Chiffres d’affaires


Groupe : 40,34 Mds(1) (+ 4,4 %)
Travaux : 34,63 Mds(1) (+ 4,7 %)


Marges opérationnelles


Groupe : 9,1 % (- 0,4 point)
Travaux : 4,1 % (- 0,2 point)


Résultats nets (part du groupe)


Groupe : 1,96 Md(1) )(+ 2,3 %)
Travaux : 963 M(2) (+ 5,3 %)


Carnet de commandes au 31/12/2013


Travaux : 29,4 Mds(1) (- 2,3 %)
(1) En milliards d’euros. (2) En millions d’euros.

ENCADRE

Bouygues - Valoriser son savoir-faire hors de France

Malgré des moyens de développement contraints et des synergies assez faibles entre métiers, c’est le pôle construction – surtout Bouygues Construction – qui tire le groupe, dans le rouge pour la première fois depuis dix-huit ans (voir ci-dessous). « Ses performances commerciales sont excellentes », note son P-DG, Martin Bouygues. Les carnets de commandes ont progressé de 3 % sur un an à 27,5 milliards (+ 22 % depuis 2010), dont la moitié à l’international (80 pays). Le peu de grands projets en vue en France incite Bouygues Construction à vendre ailleurs son savoir-faire en projets complexes, avec réussite : sa prise de commandes y a bondi de 28 % en 2013 à 6,1 milliards, avec notamment un tunnel sous-marin à Hong Kong, un centre de spectacle turkmène, un projet immobilier à Miami, un aéroport croate… L’export pourrait dépasser son activité France dès 2014. Idem du côté du leader mondial de la route. Malgré une activité soutenue dans le ferroviaire et en aménagement urbain, le marché routier hexagonal est faible. L’international – 43% de son activité en 2013 – porte davantage Colas, dont les commandes ont crû de 18 % (3,8 milliards). Si la situation est un peu difficile en Pologne, au Maroc ou en Amérique du Nord, il a planté des pions en Australie, au Canada (achat de Furfari Paving) et remporté des sections d’autoroutes en Europe centrale (Hongrie, Slovaquie), ainsi que la LGV Tanger-Kenitra au Maroc.

Chiffres d’affaires


Groupe : 33,34 Mds(1) (- 1 %) )
Travaux : 26,28 Mds(1) (+ 2 %)


Marges opérationnelles


Groupe : 4 % (+ 0,2 point)
Travaux : 3,92 % (+ 0,24 point)


Résultats nets (part du groupe)


Groupe : – 757 M(2) avec dépréciation d’Alstom
Travaux : 679 M(2) (+ 2,1 %)


Carnet de commandes au 31/12/2013


Travaux : 27,5 Mds(1) (+ 3 %)
(1) En milliards d’euros. (2) En millions d’euros.

ENCADRE

Eiffage - Priorité à la montée en gamme et au grand export

Le plus petit des trois majors a tous ses feux au vert. Les efforts de redressement des marges engagés par Pierre Berger, arrivé à sa tête en 2011, portent leurs fruits (voir ci-dessous). Seul bémol, le carnet de commandes, qui s’est contracté de 3,5 % à 11,74 milliards en 2013 du fait du chantier de LGV Bretagne-Pays de Loire, le plus gros de son histoire (35 % d’avancement). Mais sa prise de commandes reste dynamique : + 7,4 % et même + 24 % à l’international avec 2,48 milliards (phase 2 de l’autoroute de l’avenir au Sénégal, terminal du port de Lomé au Togo, extension de l’Assemblée nationale au Gabon…).
Si le numéro trois du BTP français affiche sa sérénité en France – qui représente 81,4 % de son activité – grâce à « la diversité de ses métiers et de ses clients, la montée en gamme de ses offres et la qualité de ses réalisations », il se voit toutefois grandir ailleurs. Eiffage cible en effet une croissance de 20 % par an au grand international et 1 milliard de chiffre d’affaires « à terme » (306 millions en 2013, + 26 %). Pour ce faire, des équipes de développement « aguerries » ont été mises en place au Moyen-Orient, en Afrique et dans les pays « oil and gas ». Plusieurs cibles sont identifiées : autoroutes à péage sur le « modèle » sénégalais, parapétrolier, éolien offshore, mines et équipements de type stades ou musées.

Chiffres d’affaires


Groupe : 14,26 Mds(1) (+ 1,6 %)
Travaux : 12 Mds(1) (+ 1,2 %)


Marges opérationnelles


Groupe : 9,2 % (+ 0,7 point)
Travaux : 3,2 % (+ 0,4 point)


Résultats nets (part du groupe)


Groupe : 257 M(2) (+ 16,8 %)
Travaux : NC (+ 20 %)


Carnet de commandes au 31/12/2013


Travaux : 11,74 Mds(1) (- 3,5 %)
(1) En milliards d’euros. (2) En millions d’euros.

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