Territoires Rennes

Sogea et Guervilly font des miracles aux Jacobins

«Je vais avoir 70 ans le 4 juin prochain et ce chantier est certainement le plus complexe de ma carrière », affirme sans hésiter l’architecte Jean Guervilly au sujet de la construction du centre des congrès de Rennes, dans (et sous) le couvent des Jacobins, un monument historique du XIVe siècle. De fait, « près de 80 % des 15 000 m2 de surface que proposera l’édifice seront sous la terre ! » précise l’architecte briochin.

Pour ce chantier hors normes – dont la facture s’élèvera à plus de 107 millions d’euros (courants) à la livraison -, les exploits techniques, souvent perçus comme de véritables miracles par les Rennais, se sont succédé. Avant de lancer le chantier proprement dit, dix-huit mois de fouilles préventives auront été nécessaires. Les recherches n’auront pas été vaines, puisque les archéologues ont notamment découvert une sépulture contenant un corps non putréfié inhumé il y a… trois cent cinquante-neuf ans !

Lévitation.

Attributaire du marché unique de travaux fin 2013, Sogea Bretagne a démarré le chantier par une phase particulièrement spectaculaire. L’entreprise a réalisé des fondations provisoires, ce qui a permis de dégager la terre sous le couvent afin de le faire reposer, comme en lévitation, sur 143 micropieux de près de 14 m de hauteur et 18 pieux en périphérie. Leurs forage et installation n’ont pas été une mince affaire, mais les retirer tout en permettant l’avancement des travaux de structure, de voiles et de poteaux a été une étape tout autant complexe.

Autre moment mémorable : l’arrivée fin octobre sur la place Saint-Anne (où se tient également le chantier du métro) des 9 méga-poutres reconstituées soudées (PRS) qui recouvriront l’auditorium enterré et supporteront un bâtiment de trois étages. Mesurant jusqu’à 36 m pour les plus longues, ces poutres ont été livrées, au centimètre près, en convois exceptionnels dans les rues étroites du centre-ville. A la manœuvre, le charpentier métallique Roger Delattre, qui a renouvelé l’exploit avec la pose d’une poutre Warren de 40 m de portée qui supportera les trois niveaux de planchers. Quant aux calculs de structures, ils ont été confiés à l’éternel complice de Jean Guervilly, l’ingénieur Marc Malinowsky, du bureau d’études Alto.
Le 20 avril, une seconde poutre Warren a été assemblée à la première et l’ensemble de la charpente métallique devrait être terminé début juin. « Avant cela, il faudra déposer la grue nord, début mai », prévient Sylvain Bonaldi, directeur du projet chez Sogea Bretagne. Courant mai, la splendide charpente en bois réalisée par le Mayennais Cruard devrait être recouverte d’ardoises. Au fil des prochains mois, plusieurs endroits seront clos et couverts : les parkings (mai), l’extension (août) et le couvent (octobre). En septembre, les entreprises de second œuvre prendront le relais, avec notamment l’habillage des murs et du plafond de l’auditorium 1 000. Le chantier, qui compte déjà plus de 140 compagnons, devrait voir ses effectifs s’accroître avec un objectif, qui ne devra pas tenir du miracle : livrer le bâtiment au printemps 2017 pour une mise en service en 2018. Car l’offre proposée par ce centre des congrès séduit déjà. La CFDT y rassemblera ses troupes du 4 au 8 juin 2018, suivie à la rentrée par le congrès de la Fédération des entreprises publiques locales.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X