Enjeux

Six conseils pour muscler votre trésorerie

Mots clés : Gestion de l'entreprise

Financement, gestion du compte clients, CICE… Plusieurs leviers existent pour doper sa trésorerie.

«La trésorerie, c’est le sang de l’entreprise ; une bonne trésorerie, c’est le sommeil du dirigeant. » C’est ainsi que François Vandermeersch, associé KPMG, illustre l’importance de la trésorerie dans la santé de l’entreprise. Et, dans le secteur du BTP, en ce moment, les hémorragies financières ne sont pas rares. Baisse du carnet de commandes, tensions sur le poste fournisseurs, difficultés à se faire payer… les entrepreneurs passent des nuits blanches. Rappel de quelques leviers pour avoir une gestion plus fine de ses liquidités.

1 Dialoguez avec votre banquier.

Depuis la crise de 2008, le temps de la politique de l’autruche vis-à-vis de sa banque est révolu. Il faut faire preuve de transparence avec sa banque. Il s’agit, pour l’entrepreneur, de rassurer son interlocuteur en lui prouvant que son problème est ponctuel, non structurel. La communication d’un plan de charge et d’un plan de trésorerie paraît aujourd’hui indispensable. « Les entreprises peuvent solliciter auprès de leur banque la mise en place d’une ligne Dailly, explique Catherine Van Rompu, directrice des engagements chez BTP Banque. Ainsi, la banque acceptera de financer des avances de trésorerie sur les situations de travaux produites par l’entreprise, sur une durée conforme aux délais stipulés dans le contrat signé avec le maître d’ouvrage. Lors du règlement par le maître d’ouvrage, la banque remboursera cette avance de trésorerie. » Autre levier, cautionner la retenue de garantie afin de ne pas immobiliser en trésorerie 5 % du montant des marchés de travaux : la banque met d’abord en place une ligne de caution de retenue garantie correspondant aux besoins de l’entreprise. Cette ligne est utilisée au fil du temps par l’entreprise avec un formalisme allégé.

2 Appliquez les pénalités pour dépassement du délai de paiement.

« La loi prévoit une pénalité de 40 euros lorsqu’un client professionnel dépasse le délai légal de paiement, rappelle François Vandermeersch. Il faut savoir que l’absence de mention de l’existence de cette pénalité sur une facture est passible d’une amende de 1 500 euros. »

3 Gérez énergiquement votre compte clients.

« Les entreprises ne sont pas assez focalisées sur les relances pour le paiement des factures », observe Jérôme Mandrillon, président d’honneur de l’Association française des credit managers et conseils. Un ou plusieurs salariés de l’entreprise peuvent être formés de manière à savoir gérer la relance clients. « Par les temps qui courent, la demande d’acompte aux clients est impérative, de la même manière que la facturation dès la réception », ajoute François Vandermeersch.

4 Sensibilisez vos fournisseurs.

François Vandermeersch suggère que l’entreprise réunisse certains de ses fournisseurs pour leur exposer sa situation financière. « Il est possible qu’une solidarité se crée, et que l’entreprise obtienne des différés de paiement ou des remises exceptionnelles », explique-t-il. Un engagement de confidentialité doit être alors passé.

5 Osez le CICE.

Les pouvoirs publics ont mis en place de nombreux outils pour soulager les trésoreries, à commencer par le financement du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Un outil encore « faiblement utilisé », observe François Vandermeersch. « Il est également possible, pour différer des sorties d’argent, de saisir la Commission des chefs de services financiers (CCSF), qui accorde aux entreprises des délais de paiement pour leurs dettes fiscales et sociales (part patronale) en toute confidentialité », ajoute-t-il. Autre possibilité : le Comité départemental d’examen des problèmes de financement des entreprises (Codefi) peut accorder, sous conditions, un audit permettant, notamment, de valider les hypothèses de redressement de l’entreprise ou un prêt en vue de financer sa restructuration.

6 Saisissez les médiateurs.

Deux institutions existent pour soutenir financièrement les entreprises : la médiation du crédit (tél. : 0810 00 12 10) d’une part, la médiation interentreprises (www.economie.gouv.fr/mediation-interentreprises) d’autre part.

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