Numérique SYSTÈMES D'INFORMATION GÉOGRAPHIQUE

SIG et CAO élargissent l’échelle du BIM

Mots clés : Informatique - Logiciels - Outils d'aide - Matériel - Equipement de chantier - Réglementation

Les approches SIG et CAO s’harmonisent via le processus BIM et offrent aux professionnels de la construction une vision des bâtiments intégrés dans un espace constructif et un environnement socioéconomique.

dans les années 90, un bureau de contrôle a modélisé une structure métallique en détaillant tous ses composants selon leur emplacement. Le but : traiter une construction et assurer sa maintenance par famille d’élément. À l’époque, les outils de conception assistée par ordinateur (CAO) ne géraient pas des objets, mais des lignes de dessin. La solution informatique choisie fût d’utiliser un système d’information géographique (SIG). Comme sur une carte, il a permis de décomposer le bâti en une superposition de couches d’informations où chaque élément est défini par son emplacement, sa typologie (boulons, soudure, poutrelles, treillis… ) et ses attributs (matériau, origine, modèle, résistance, dimensions… ). Cela ressemble au principe de la maquette numérique qui définit une association d’objets dans un format normalisé IFC (Industry Foundation Classes). Mais l’expérience, bien que concluante, n’a pas été poursuivie. Entre-temps, les logiciels de CAO architecturale en mode objet sont apparus et le concept du BIM a émergé. Voilà pourquoi on pourrait penser que CAO et SIG sont concurrents. Or il n’en est rien. Et c’est le BIM qui devrait les réunir.

Espace et contexte rejoignent la conception du bâtiment

Dans la pratique, « le SIG est un environnement logiciel qui permet de construire, de gérer et de représenter des données ou des éléments géolocalisés, en x, y et z, sous forme de points ou de vecteurs, selon leur position dans l ‘espace, et non pour concevoir un bâtiment, définit Françoise de Blomac, rédactrice en chef de Decryptagéo. Car la façon dont le SIG représente l ‘espace n’est pas la même que celle de la C AO. Le premier ne sait pas représenter simplement les étages superposés d ‘un bâtiment, ce que fait le second ». L’enjeu, à ses yeux, est donc de faire communiquer ces deux mondes, celui de la CAO, qui sait gérer la verticalité des données sur de petits espaces, et celui du SIG, qui traite l’horizontalité des objets et des réseaux.

« CAO et SIG organisent tous deux la donnée de manière très structurée, confirme Gaëtan Lave-nu, responsable de la veille technologique chez Esri France. Ce qui les différencie, c’est le niveau d ‘ échelle. En conception architecturale seule, la » CAO est plus adaptée. Les différents acteurs travaillent ensemble le projet, ses équipements et réseaux, évitent les clashs, mais avec une vision restreinte au seul bâtiment. « En revanche, elle a du mal à combiner plusieurs maquettes à l ‘ échelle d ‘un campus ou d ‘un site industriel, car ces données sont alors trop volumineuses. » Le SIG, lui, couvre une plus grande superficie, celle de l’infrastructure. Le BIM en a besoin pour avoir le contexte externe l’environnement, la végétation, où creuser des tranchées, etc. « C ‘est un outil spatial étendu qui sait aussi faire de l ‘analyse de clash, et que le promoteur utilisera pour faire des études d ‘opportunité, voire de rentabilité, car il ne peut plus ignorer le contexte physique et l ‘environnement social et économique d ‘un projet », assure Mickaël Guilleux-Nedellec, consultant métier et porteur de l’offre BIM chez Cap Gemini. Le SIG est alors utile pour l’étude des sols et des relevés du terrain – notamment par photogrammétrie ou acquisition Lidar ( Light detection and ranging, processus automatisé qui modélise la morphologie exacte d’une zone) -, l’intégration urbaine, le raccordement aux...

Vous lisez un article de la revue CTB n° 356 du 08/12/2016
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