Enjeux

Sevran veut devenir un territoire de destination

Mots clés : Gares, aéroports - Politique des transports

A l’horizon 2023, cette ville de Seine-Saint-Denis sera desservie par deux gares du Grand Paris Express.

Située à 20 km au nord-est de Paris, près de l’aéroport de Roissy, Sevran (Seine-Saint-Denis) affiche son ambition : devenir une « ville de destination ». Un vrai pari pour cette commune de 50 000 habitants parmi les plus pauvres de la région Ile-de-France. Cette ville jeune (25 % des habitants ont moins de 14 ans), cosmopolite (75 nationalités différentes), peut cependant s’appuyer sur deux atouts : la richesse de son patrimoine paysager (10 parcs) et sa desserte, à la fin 2023, par la ligne 16 du Grand Paris Express (Saint-Denis Pleyel/Noisy-Champs). Deux gares seront créées, conçues par Jean-Marie Duthilleul : Sevran-Livry et Sevran-Beaudottes, interconnectées au RER B. Si la commune a commencé à se transformer au cours de la dernière décennie avec des opérations de rénovation urbaine, « l’arrivée du métro change tout. La Ville de Sevran devient un territoire d’avenir car elle sera très bien positionnée », estime le maire, Stéphane Gatignon. Pour Damien Robert, directeur général de l’EPA Plaine de France, « la ligne 16 trouve sa légitimité dans une logique de désenclavement et de développement urbain. Elle n’a de sens que par rapport à ce double enjeu. »

« Laboratoire d’une nouvelle urbanité ». Pour accompagner sa métamorphose en nouvelle centralité de la métropole du Grand Paris, Sevran vient de se doter d’un schéma directeur, « Sevran Terre d’avenir », vision urbaine du territoire sur les quinze ans à venir. Un document élaboré par l’agence LIN (Finn Geipel et Giulia Andi) associée au paysagiste Michel Desvigne avec l’appui de l’EPA Plaine de France. L’agence, qui fut en 2008 l’une des 10 équipes de la consultation sur le Grand Pari(s) de l’agglomération parisienne, avait déjà réalisé des études sur ce secteur dans le cadre de l’élaboration du contrat de développement territorial (CDT) Est Seine-Saint-Denis. « Sevran est le laboratoire d’une nouvelle urbanité. On se situe entre la ville intense et la ville légère, entre l’urbain et la nature », note Finn Geipel.

Le projet urbain, qui se développe sur 120 ha (sur les 730 ha que compte la ville), s’articule autour de six thématiques (1) parmi lesquelles la « Grande Allée » et les « Trois Quartiers ». D’une longueur de 2,7 km, reliant les deux gares, la « Grande Allée » est ponctuée par six places « qui sont autant de rotules entre le tissu existant et les projets », décrit Finn Geipel. Cet espace public majeur assure aussi la jonction entre les « Trois Quartiers », mixtes, associant logements, activités, commerces… à des degrés divers : « Marché », au sud, autour de la gare de Sevran-Livry, « Terre de Sport », à l’est, sur la plaine Montceleux, l’un des sites de l’appel à projets « Inventons la métropole du Grand Paris » ( lire l’encadré ci-contre ) et « Urban », au nord, près de la gare de Sevran-Beaudottes et le centre commercial Beau Sevran.

« Ce projet vise trois objectifs : la création d’emplois, la mixité sociale et le développement du parcours résidentiel », résume Damien Robert. Il sera mis en œuvre dans le cadre d’une ZAC à l’initiative de l’Etat qui devrait être créée à la fin 2017. Sur quinze ans, environ 3 000 logements et 3 000 emplois pourraient voir le jour.

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ENCADRE

Une base de loisirs sur les terrains Montceleux

La plaine Montceleux, qui s’étend sur 35 ha, figure parmi la soixantaine de sites de l’appel à projets « Inventons la métropole du Grand Paris ». Objectif visé : la création d’un parc et d’une base de loisirs urbaine, s’appuyant sur l’arc paysager qui traverse l’est de la Seine-Saint-Denis, « à mi-chemin entre la base régionale de Jablines-Annet et la piscine écologique de Montreuil », précise Stéphane Gatignon, maire de Sevran. Des programmes immobiliers prendront place de part et d’autre du plan d’eau : une porosité des îlots et une certaine densité seront recherchées en lisière ouest ; une typologie en bande de faible hauteur (individuel ou petit collectif) en lisière est. Une zone humide reliera deux zones Natura 2000.

(1) Les autres thématiques sont : l’arc paysager, la mobilité et les gares, les réseaux révélés, les actions pionnières et la préfiguration.
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