Enjeux

Serue élargit sa palette

Mots clés : Conception - Protection et sécurité incendie - Sécurité incendie - Travaux publics

Transport, génie civil, sécurité incendie… L’ingénieriste alsacien veut rester généraliste.

Tout à leur discrétion habituelle, les dirigeants de Serue Ingénierie n’ont pas cherché à occuper les premiers rangs de la cérémonie d’inauguration de l’extension du tramway de Strasbourg vers Kehl, en Allemagne, le 28 avril dernier. Pourtant, sans ce bureau d’études basé à Schiltigheim (Bas-Rhin), qui en a assuré toute la maîtrise d’œuvre, ce projet emblématique n’aurait pas vu le jour. D’ailleurs, Serue a participé à chaque étape de la construction du réseau strasbourgeois, le plus long de France, depuis les premières études dans les années 1980.

Cette activité s’exerce en groupement avec Egis Rail, sous le nom de Getas. Mais elle est loin de résumer toute la palette de Serue Ingénierie. « Les projets de transports représentent 20 % de notre chiffre d’affaires annuel. S’ils constituent un beau stimulant intellectuel et donnent l’occasion d’intervenir plus loin que nos bases d’Alsace-Lorraine-Nord Franche-Comté (bus à haut niveau de service de Toulouse-Ramonville, plans d’exécution du tram de Reims… ), nous avons toujours veillé à ce qu’ils ne dépassent pas 25 % de notre activité », expose Martial Deboeuf, le président.

60 salariés. 5,3 M€ de CA dont 70 % en bâtiment et génie civil, 20 % en transports et 10 % en aménagement.

Expert en chantiers complexes. Pour la société de 60 salariés, le chiffre d’affaires (5,3 millions d’euros en 2016) se complète d’aménagements et études de VRD, mais surtout de projets de bâtiments et génie civil : ils pèsent 70 % du total. Comme pour le tram, Serue est rarement absent des chantiers qui comptent dans l’agglomération bas-rhinoise : reconversion du silo Seegmuller en Maison universitaire internationale et une partie de la rénovation-extension du Palais de la musique et des congrès en sous-traitance de son confrère OTE Ingénierie, implantation du magasin Primark dans le centre-ville… Une présence étendue ailleurs en Alsace, comme le futur centre du livre dans l’ancienne bibliothèque des Dominicains à Colmar. « Notre marque de fabrique, c’est le chantier complexe : ouvrages d’art, travaux en site occupé, reconversion de bâtiments historiques… », précise Martial Deboeuf.

Serue répond aussi à l’élargissement en vogue des missions de la maîtrise d’œuvre en développant ses compétences en ordonnancement, pilotage et coordination (OPC) et coordination des systèmes de sécurité incendie (CSSI). Majoritairement tourné vers les marchés publics (65 % de l’activité), il a constitué, à la fin 2015, une filiale dédiée aux projets industriels clés en main, Sphere Concept Partners. Miser sur la carte régionale va de pair avec une culture de l’indépendance, estime Serue. C’est son autre marque de fabrique, qui s’imprime depuis son origine en 1965. Après l’avoir fondée dans le cadre d’un pool, Francis Burcklé a rapidement volé de ses propres ailes. Il a transmis le flambeau à Pierre Muller puis Henri Gonnot. Celui-ci a privilégié à son tour la succession interne qui a abouti au tandem formé par deux cadres, Martial Deboeuf et Thierry Schmitt.

Souder les troupes. Les nouveaux dirigeants détiennent la majorité des parts. Afin de conforter l’indépendance, ils ont élargi l’ouverture du capital aux cadres (15 d’entre eux sont associés), moyennant un accord qui les oblige à revendre leurs parts à un autre salarié en cas de départ. D’autres process aident à souder les troupes et à s’imprégner de la culture maison : le parcours d’intégration d’au moins six mois et les groupes de travail sur les améliorations de l’organisation et de la vie au travail au quotidien. Les thèmes les plus récents, les déplacements en vélo et en autopartage, participent aux efforts de développement durable et de politique sociale (le budget formation dépasse 5 % de la masse salariale). Ajoutés à la performance économique, ils ont valu à Serue, début 2017, le label « Alsace Excellence ». Un pedigree que l’agence d’attractivité régionale ne décerne qu’au compte-goutte.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X