Métier

Serge Ferrari étend sa toile

Mots clés : Produits et matériaux

Le fabricant rhônalpin de matériaux composites souples investit sur les futures membranes intelligentes.

Pluie ou soleil, les spectateurs de la demi-finale de l’Euro 2016 à Lyon, le 6 juillet, seront à l’abri sous la vaste toile de plus de 30 000 m² fabriquée par Serge Ferrari. Cette entreprise familiale, créée en 1973 en Rhône-Alpes et spécialisée dans les matériaux composites souples, affiche à son compteur une centaine de couvertures de stades dans le monde. Très présente sur les équipements sportifs des Jeux olympiques 2012 à Londres (Royaume-Uni), elle habillera sept infrastructures des JO d’été 2016 à Rio de Janeiro (Brésil). « Nos membranes composites brevetées Précontraint sont certes plus chères au départ, mais elles ne nécessitent aucune maintenance dans la durée », assure Bénédicte Ferrari, responsable Prescription et partenariats. Depuis 1998, l’entreprise s’engage dans le recyclage de ses toiles et celles de ses concurrents afin de leur donner une seconde vie, par exemple comme enrobage de gaines ou sous-couche de toiture végétale.

L’industriel, dont les produits sont vendus dans environ 90 pays, a réalisé un chiffre d’affaires de 148 millions d’euros en 2015 (+ 4,3 % par rapport à 2014). « Tous nos marchés sont en croissance », affirme le président-directeur général Sébastien Ferrari, qui vise 215 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2018. Son principal marché concerne l’architecture où les toiles composites sont utilisées comme toiture tendue, protection solaire et solution acoustique. Viennent ensuite les secteurs de l’industrie (structures légères modulaires) et de l’environnement (membranes d’étanchéité pour bacs de rétention). Enfin, les particuliers, avec du mobilier et des protections solaires pour l’aménagement intérieur et extérieur de leurs logements. Quatre managers ont été recrutés pour accompagner la croissance de l’entreprise aux niveaux de la logistique, de la vente, de la communication et de la recherche et développement.

Membranes intelligentes

. Environ 5 % du chiffre d’affaires est investi dans la recherche et développement. Ce sujet mobilise une trentaine de personnes, sur un total de 638 salariés. Fin 2015, Serge Ferrari a signé un partenariat de cinq ans avec le CEA Tech de Grenoble. Objectif commun pour l’entreprise et le pôle technologique : concevoir et développer de nouvelles membranes intelligentes, à la fois connectées, instrumentées et communicantes. « Les premiers lancements de produits pourraient se concrétiser vers 2018 », estime Sébastien Ferrari. Le P-DG évoque l’hypothèse de toiles composites qui seraient à la fois acoustiques et éclairantes.
Les toiles Ferrari prennent une infinité de formes : habitat d’urgence, chapiteau de cirque ou œuvre d’art monumentale imaginée par l’artiste plasticien Anish Kapoor, dont le « Leviathan » au Grand Palais – dans le cadre de Monumenta -, en 2011 à Paris. « Un industriel doit se différencier et innover en permanence, insiste Sébastien Ferrari. Nous entendons rester une entreprise familiale, toutefois un projet de croissance est peut-être à venir… »

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