Une année d'architecture

Sensibiliser, mobiliser, innover, développer : une politique pour l’architecture

Mots clés : Architecture - Gouvernement - Réforme de l'Etat

La ministre de la Culture Fleur Pellerin a initié fin 2014 l’élaboration d’une Stratégie nationale pour l’architecture : un outil opérationnel pour conduire une politique publique cohérente. Elle a fait connaître le 20 octobre 2015, une liste de 30 mesures qui seront mises en œuvre à cours ou moyen terme. Ces mesures ont été préparées en amont par trois groupes pilotés par des professionnels, Frédéric Bonnet (groupe « Sensibiliser et mobiliser »), Marc Barani (groupe « Innover ») et Paul Chemetov (groupe « Développer) qui expriment ici les idées qui ont guidé leur travail pendant plusieurs mois. G. D.

Frédéric Bonnet a conduit le groupe « Sensibiliser et mobiliser » avec Boris Bouchet et Hélène Riblet (rapporteure) « Révéler à quel point l’architecture peut aider à résoudre les questions du quotidien »

Sensibiliser et mobiliser implique de promouvoir une culture partagée de l’architecture, à la fois citoyenne et professionnelle, pour ceux qui interviennent sur les transformations de notre cadre de vie : édifices nouveaux et réutilisés, infrastructures et espaces publics, environnement urbain, territoires dans toute leur diversité.

En ce sens, jamais le mot « culture » n’a eu pour l’architecture plus de force et de raison d’être : au-delà de réaffirmer l’excellence des projets publics, il s’agit de révéler à quel point l’architecture peut aider à résoudre les questions du quotidien, du logement, de la ville et du quartier, des pratiques de tous les jours, dans leur immense diversité territoriale. Cela est vrai pour les gares de la métropole comme pour les bourgs ruraux. Il faut comprendre ici « culture » sous l’angle de la création contemporaine, des transformations du patrimoine et de la discipline architecturale, mais aussi selon des valeurs et des nécessités partagées plus largement par tous. L’architecture est un bien commun.

Cette dimension citoyenne est une des clefs de la « sensibilisation », qui doit aussi s’ancrer, au fil des expériences, sur les initiatives locales, sur les variations infinies des situations territoriales, sur ce qui advient sur le terrain. « Sensibiliser » à l’architecture, ce n’est pas porter un message, diffuser une version officielle de ce qu’est l’architecture, mais plutôt susciter un intérêt général, un bouillonnement multiple autour des questions qui nous touchent tous : où habitons-nous ? Que nous offrent les villes et les territoires où nous vivons, comment construit-on les espaces publics, les logements, les lieux de travail, les équipements ?

L’architecture apparaît trop souvent comme une affaire de spécialistes, voir un cadre d’excellence qui ne concerne que très peu la vie quotidienne et les lieux plus ordinaires.

Sensibiliser et mobiliser, c’est stimuler la recherche, l’invention, le débat, la prise de conscience, et l’engagement des uns et des autres est donc une condition si l’on veut porter une politique publique ambitieuse pour l’architecture et le cadre de vie. Nous proposons de distinguer les stratégies d’action en fonction des personnes concernées, au-delà des métiers de l’architecte. D’abord le public, puis tous ceux qui agissent en amont et définissent les conditions de l’architecture, puis les professionnels qui accompagnent la conception architecturale, et enfin en aval tous ceux qui fabriquent, assemblent, construisent.

Le « public » est bien évidemment pluriel. L’égalité de l’accès à la...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 247 du 12/01/2016
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X