Architecture Technique Les prémurs

Sécuriser la mise en œuvre des murs à coffrage intégré

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier

Trois organismes s’intéressent de près à la sécurité des procédés constructifs de murs à coffrage intégré (MCI), plus communément appelés prémurs ou parfois bilames. Il s’agit de l’Institut national de recherche et sécurité (INRS), de l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) et de l’assurance-maladie (Cnam-TS). Et comme pour toute technologie innovante, ces trois organismes proposent une mise en œuvre sécurisée sur le chantier, en proposant un référentiel minimal et en identifiant les risques afin d’aider à les maîtriser. Le Centre d’études et de recherches de l’industrie du béton (Cerib), la Fédération de l’industrie du béton (FIB) ainsi que des entreprises du bâtiment et des fournisseurs ont aussi participé à cette réflexion, qui a déjà abouti à la publication de plusieurs ouvrages ou fiches pratiques.

En usine de préfabrication

Fabrication et usage.

Les prémurs sont des éléments en béton armé fabriqués industriellement visant à s’affranchir de la majeure partie des opérations de coffrage sur le chantier puisqu’intégrant des banches perdues. Ils sont composés de deux grandes parois minces précoulées en béton armé (d’une épaisseur de 4 à 7 cm chacune) – généralement sans acier en attente mais pouvant comporter des éléments d’isolation thermique ou phonique – solidarisées par des raidisseurs métalliques verticaux. Une fois le prémur posé, le vide entre les deux parois (≥ 7 cm) est rempli de béton pouvant être vibré. Le gain de temps et la qualité du fini sont très appréciés par les entrepreneurs. Cette technique est utilisée pour réaliser des éléments essentiellement sollicités par des charges verticales : murs, poteaux, poutres, voiles, façades, etc. Elle ne permet pas de modification de dernière minute et nécessite une planification précise des travaux et des approvisionnements.

Marquage, traçabilité et identification.

Chaque élément doit être marqué par le fournisseur, attestant d’un contrôle qualité en usine. Ce marquage, conforme à la norme NF EN 14992 « Produits préfabriqués en béton – Eléments de mur », indique au minimum le nom du fabricant et de l’usine, le lieu et la date de fabrication, le numéro d’identification du produit, son poids et ses dimensions, le code de la commande.

Conditionnement, transport et stockage.

Les prémurs doivent être conditionnés dans des structures spéciales dites d’équipements pour le transport et le stockage (ETS), construites en mécano-soudé par une entreprise spécialisée. Il en existe de trois types : box (le plus répandu), autodéchargeable ou araignée. Les panneaux y sont rangés verticalement pour être transportés sur un camion à plateau normal, surbaissé ou une remorque autodéchargeable. Le transport à plat est à proscrire sauf pour les éléments inférieurs à 1 m de hauteur et exceptionnellement pour ceux jusqu’à 1,5 m par 5 m de longueur, ou 2,5 m par 3 m de longueur.

En usine ou sur le chantier, la manutention se fait uniquement au moyen des inserts de levage ancrés nativement dans le prémur et respectant la documentation technique Afnor CEN/TR 15728. La suspension par deux points d’élingage est à privilégier, quatre points en cas de stockage à plat. A défaut, un moyen adapté pour assurer l’équilibre de l’élément devra être utilisé.

Sur le chantier

La pose.

La pose obéit à une organisation très précise sur le chantier. Les prémurs sont positionnés à la grue sur leur support d’accueil et maintenus par elle jusqu’à leur stabilisation complète. Celle-ci est réalisée avec des cornières ou des étais tirant-poussant. Des inserts intégrés lors de la fabrication peuvent faciliter cette opération. Des coffrages d’about intégrés au prémur évitent que l’utilisateur ne rajoute un coffrage traditionnel avant coulage. La stabilité du prémur doit être parfaite et tenir compte des éventuels risques dus à la force du vent ou d’un choc accidentel avec la benne à béton pleine. Les aciers de liaison sont insérés à l’avancement ou en prévoyant des boîtes d’attente. Leur mise en place s’effectue par le haut ou le côté en utilisant une nacelle élévatrice sécurisée de façon à présenter le moins de risques pour l’opérateur.

Le coulage, puis le retrait des éléments.

L’opération de coulage du béton est conduite depuis la partie supérieure du prémur en utilisant la goulotte souple fixée au bas de la benne à béton. Là encore la sécurité de l’opérateur sera assurée par des gardes corps adaptés. Des tubes plongeurs permettent de diminuer la hauteur de chute du béton liquide. Le coulage est réalisé en plusieurs passes continues de 50 à 70 cm de haut chacune.

Une fois le composé sec et dur, c’est le bureau d’études béton qui détermine le moment à partir duquel les éléments provisoires de stabilisation du prémur peuvent être retirés. Cela s’effectue de plain-pied pour les éléments de faible hauteur ou encore à partir d’une nacelle élévatrice de personne pour desserrer les étais tirant-poussant préalablement suspendus à la grue, et plus particulièrement s’ils portent sur de grandes hauteurs.
Enfin, dès la pose effectuée, la Cnam-TS préconise que les prémurs de rive soient immédiatement dotés de garde-corps efficaces. Pour cela, l’entreprise générale pourra demander au fabricant du prémur d’insérer des platines/supports en haut de chaque module pour assurer une fixation rapide et solide.

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