Régions

SAVOIE Infrastructures et développementdu Sillon alpin

Mots clés : Réseau routier - Transport ferroviaire

Les Rencontres du Sillon alpin – couloir qui va de Valence à Grenoble, puis rejoint Chambéry, Annecy et débouche sur la plaine genevoise – traiteront de l’impact des projets d’infrastructures, routières et ferroviaires, sur l’économie régionale.

En quoi la Savoie est-elle concernée par la gare TGV de Valence ? Comment la Haute-Savoie peut-elle accompagner le projet de rocade nord de Grenoble ? Pourquoi Haute-Savoie et Isère soutiennent-ils le projet ferroviaire du Lyon-Turin, qui se situe essentiellement en Savoie ? Les quatre départements du Sillon alpin – Haute-Savoie, Savoie, Isère et Drôme – se réunissent le 7 novembre à Chambéry (voir programme ci-dessous) pour réfléchir aux impacts des infrastructures de transport sur l’évolution de leur territoire.

Desserte à l’horizon 2020

« Les Rencontres du Sillon alpin permettent aux exécutifs départementaux de réfléchir à l’évolution de cette métropole multipolaire », explique Sylvie Guerraz, directrice adjointe de Mission développement prospective, en Savoie. Cette structure informelle est pourtant efficace : dans le cadre de la directive territoriale des Alpes du nord, les quatre départements du Sillon alpin vont produire une contribution commune. Les discussions passées autour du thème des transports ont déjà produit des effets : mise en place de centrales de mobilité, amélioration de l’interopérabilité des réseaux, billettique commune, etc.

Dès 2003, la conférence des départements du Sillon alpin a proposé un schéma de desserte à l’horizon 2020, articulé autour du réseau ferroviaire, et prévoyant un système de dessertes intercités cadencées. Il s’agit de poursuivre la réflexion. « En termes d’accessibilité, de métropolisation, de rayonnement économique, quels impacts ont les infrastructures de transport ? A l’évidence les quatre projets que nous présentons rapprochent tous les départements du Sillon alpin, et connectent ce dernier à l’extérieur. Comment en tirer le meilleur parti ? » (Lire page suivante « Quatre infrastructures sur le grill ».)

Le débat s’appuie sur la conviction, partagée par les responsables politiques des quatre départements et de nombre d’universitaires, tels Martin Vanier à l’Institut de géographie alpine de Grenoble, que le Sillon alpin – le couloir qui part de Valence jusqu’à Grenoble, puis rejoint Chambéry, Annecy et débouche sur la plaine genevoise – devient une métropole multipolaire.

Le constat est simple : près de 2 millions d’habitants vivent dans les 150 km d’un espace qui partage plus que les mêmes paysages. Au nord la Haute-Savoie et Genève, au sud Grenoble sont des pôles économiques dynamiques. Depuis quarante ans, le développement se construit en même temps que les infrastructures routières. Le réseau autoroutier sera complet début décembre 2008 avec l’ouverture de l’autoroute Genève-Annecy. Reste un verrou à faire sauter : la Bastille, au nord de Grenoble. Ce sera fait avec le projet de rocade nord.

« En revanche, le réseau ferroviaire est plus faible », note Bernard Barnéoud, responsable de la mission Lyon-Turin au conseil général de la Savoie. C’est sur ce mode que se concentre l’essentiel des efforts, avec le projet d’amélioration de la voie ferrée du « Sillon alpin sud », entre Valence-TGV, Grenoble et Chambéry (2e voie à créer entre Romans et Moirans, électrification entre Valence TGV et Moirans puis Gières-Montmélian). Au nord, les études sont lancées pour améliorer la desserte ferroviaire entre Chambéry, Aix-les-Bains, Annecy et Genève. La partie sera délicate entre Rumilly et Annecy. « C’est l’un des endroits les plus compliqués de Rhône-Alpes », assure Bernard Soulage, 1er vice-président du conseil régional Rhône-Alpes en charge des transports. Les déplacements seront donc multimodaux encore longtemps. « D’où l’importance d’une concertation des collectivités, note Sylvie Guerraz, si nous voulons conserver un de nos principaux atouts : la qualité de nos paysages. »

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Programme des Rencontres du Sillon alpin

Grand témoin : Claude Haegi, président de la Fondation européenne pour le développement durable des régions d’Europe

1re table ronde : « Comment les infrastructures de communication influent-elles sur l’accessibilité du Sillon alpin ? » Avec Christian Monteil, président du conseil général de la Haute-Savoie, Bernard Soulage, 1er vice-président du conseil régional Rhône-Alpes, Valérie Mannone, maître de conférences de l’université de Bourgogne, Jean-Marie Busseuil, président de la CCI de la Drôme, Jean-Pierre Lucas, président de l’Association pour l’amélioration des infrastructures en Lorraine.

2e table ronde : « Comment les infrastructures de transport renforcent-elles la métropolisation du Sillon alpin ? » Avec André Vallini, président du conseil général de l’Isère, Martin Vannier de l’Institut de géographie alpine, Denis Linglin, directeur de C41 (Archamps), François Jalinot, directeur d’Euroméditerranée (Marseille).

3e table ronde : « Quels sont les impacts des grandes infrastructures de transport sur l’économie du Sillon alpin ? » Avec Didier Guillaume, président du conseil général de la Drôme, Jean-Pierre Vial, vice-président du conseil général de la Savoie, Pierre Veltz, direction de la mission Région Capitale, Jean-Louis Lazuech, directeur du développement de Prologis, et Jacques Godfrain, ancien ministre, ancien maire de Millau.

Rendez-vous : à partir de 9 h, le 7 novembre au Manège à Chambéry. Inscription : sillon-alpin@cg73.fr

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« Valoriser les opportunités »

HERVE GAYMARD, président du conseil général de la Savoie.

Vous avez la responsabilité des 6e Rencontres du Sillon alpin. Pourquoi avoir choisi de travailler sur les impacts des infrastructures de transport sur l’évolution du Sillon alpin ?

Ces Rencontres sont envisagées, dès l’origine, à la fois comme un événement de notoriété – un lieu de débat de grande qualité, avec des intervenants reconnus, et une attractivité dépassant le territoire – et une opportunité d’échanges sur nos thèmes stratégiques que sont la gestion de l’espace, l’économie et les transports/déplacements. Leur organisation est de responsabilité tournante. En général, le département qui reçoit, traite du thème imparti : pour la Savoie, il s’agit des transports/déplacements. En 2003, nous les avions déjà organisées sur le thème de la desserte interne du Sillon alpin. Cette année, il nous a semblé que l’impact d’infrastructures importantes qui le connecteront à court ou plus long terme à l’international, ou à d’autres régions d’importance constituait un thème porteur.

Qu’en attendez-vous ?

Nous avons mêlé dans les tables rondes des « experts » universitaires, des acteurs économiques, des personnalités qui ont en charge des projets analogues, et bien sûrs, mais aussi des élus. Nous avons voulu débattre de ces expériences pour permettre aux différents acteurs d’anticiper, c’est-à-dire de valoriser les opportunités et tenter d’éviter les effets négatifs. Les conclusions seront de nature, j’en suis sûr, à nous aider dans nos décisions à venir. Et aussi, peut-être, à faire travailler ensemble, les milieux économiques et les décideurs politiques.

La mise en œuvre du Grenelle de l’environnement y est-elle prise en compte ?

Elle l’est à plusieurs niveaux. Le projet Sillon alpin est, depuis l’origine, un projet de développement durable au sens où il promeut les déplacements collectifs, l’économie du foncier, le respect de l’environnement et des hommes. Les infrastructures évoquées sont en partie ferroviaires. Les projets routiers et autoroutiers – A41 nord et contournement nord de Grenoble – s’accompagneront de politiques de transports en commun corollaires. Les élus en sont conscients.

Quelle gouvernance vous semble nécessaire dans le Sillon alpin pour mener ces projets à bien ?

La France engage le débat de la réorganisation de ses instances territoriales. Chacun souhaite une clarification et une simplification. Il n’est donc pas question pour nous de rajouter une strate au millefeuille. Je crois que derrière les projets, il y a surtout des hommes, plus que des structures. Nous avons besoin d’ambition, de ténacité, de volontés politiques affichées, de synergies. Nous nous mobiliserons sur des projets partagés, dont les financements seront mutualisés. Et nous avons les instances de concertation nécessaires, tant entre les départements, qu’entre départements, agglomérations et région. Le Sillon alpin se réalisera si nous en avons l’ambition.

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Quatre infrastructures sur le grill

Les 6e Rencontres du Sillon alpin s’articulent autour de la réalisation de quatre infrastructures de transport : la gare de Valence TGV, en service depuis 2001 ; l’A41 nord Genève-Annecy, livré dans un mois ; la rocade nord de Grenoble, prévue pour 2014 ; la ligne ferroviaire Lyon-Turin, dont l’achèvement sera encore postérieur.

Au nord, la nouvelle autoroute de 20 km rejoint la barrière de péage de Cruseilles-Villy-le-Pelloux sur l’A41 à Saint-Julien-en-Genevois. Un projet de 851 millions d’euros, financé sur fonds privés par Adelac (filiale d’Area, Bouygues, Setec et de la Caisse d’épargne Rhône-Alpes). Riche en ouvrages d’art (un tunnel bitube, 7 viaducs, une tranchée en partie couverte, 29 ouvrages d’art courants), il mettra Annecy à moins d’une demi-heure de Genève.

Au sud, la gare de Valence TGV connecte la LGV Méditerranée au réseau ferroviaire du Sillon alpin et met Lille à 3 h 20 de Valence, Marseille à moins d’une heure, etc. RFF et la région Rhône-Alpes prévoient d’y raccorder la ligne Grenoble-Valence, pour permettre la mise en place de TGV directs entre le sillon alpin et la côte méditerranéenne.

Au centre, le projet du Lyon-Turin est le plus ambitieux et le plus européen. Il prévoit près d’une centaine de kilomètres de tunnels entre les deux villes, afin de traverser les Alpes en 1 h, mettant Turin à 3 h 30 de Paris par TGV, mais surtout pour faciliter le transport ferroviaire de marchandises entre les deux pays. La seule partie transfrontalière est estimée à 7,6 milliards (valeur 2006). L’horizon de mise en service se situe dans les années 2020.

Le 4e projet est le seul à ne pas directement s’ouvrir sur l’extérieur. La rocade nord de Grenoble (conseil général, maître d’ouvrage) permet de boucler les voies rapides périphériques de l’agglomération. Techniquement le plus délicat (il franchit deux fois l’Isère et le massif de la Bastille), le projet est évalué à 780 millions (valeur avril 2006) et devrait être concédé. Ce dernier maillon faciliterait le transit routier dans l’agglomération, et sur l’axe Valence-Chambéry.

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