Edito

Sauvé des eaux

La bataille des 11 prétendants à sa succession doit susciter, chez François Hollande, des sentiments mêlés. De la compassion, d’abord, car le Président ne sait que trop bien les tourments qui, passé le 7 mai, ne manqueront pas d’assaillir le vainqueur. Si la campagne est dantesque, l’exercice du pouvoir est infernal. De l’amertume, ensuite, car parmi ce club des 11, pas un ne revendique la moindre filiation avec l’actuel locataire de l’Elysée. Emmanuel Macron, qui fut pourtant si proche, refuse d’endosser l’héritage, même quand il détaille son projet pour le BTP (lire p. 16) . Le hollandisme, en 2017, ne fait plus recette. Trop d’atermoiements, de rétropédalages… Comme si la France avait fait du surplace. Un quinquennat immobile. Vraiment ?

La campagne est dantesque, mais l’exercice du pouvoir est infernal.

A l’heure des adieux, une plongée dans l’album- souvenir des années Hollande dessine une tout autre image (lire p. 1 2) . Celle d’une période rythmée par les réformes d’ampleur (carte territoriale, marchés publics, droit des contrats [lire p. 70] , etc. ) et les textes fleuves (Transition énergétique, NOTRe, Travail, LCAP… ). Celle de choix décisifs, plus ou moins heureux, du dispositif Pinel à la baisse des dotations, du plan autoroutier à l’encadrement des loyers. Celle d’une France en révolution permanente : numérique, écologique…

D’où vient, alors, cette impression curieuse que le temps s’est suspendu pendant ces cinq années ? De l’image du chef de l’Etat, peut-être, qui a rapidement été conduit à esquiver, composer et temporiser, laissant planer la suspicion d’inaction. De la conjoncture, plus certainement, qui a asséché l’activité du BTP. Les maîtres d’ouvrage ont mis leurs projets au frigo, les entreprises de travaux comme les maîtres d’œuvre sont entrés en hibernation. Or, cette grande glaciation remonte à 2007. Et le redoux se fait déjà sentir.

Autant l’exercice du pouvoir suscite des jugements tranchés, autant celui du bilan impose un regard lucide. La popularité du Président se trouve certes dans les abysses, mais le souvenir de ces années Hollande ne mérite pas d’être totalement englouti.

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