Enjeux

Salini Impregilo : Paris à tout prix

Mots clés : Entreprise du BTP - Politique des transports - Travaux publics

La major du BTP italien veut absolument remporter un des lots de génie civil du Grand Paris Express.

Le n° 1 du BTP transalpin en est persuadé : il gagnera un des appels d’offres à venir pour les lots de génie civil du Grand Paris Express. Ce ne sera en tout cas pas pour la ligne 15 sud, dont les derniers tronçons viennent d’être accordés à Vinci et Bouygues. Mais Salini Impregilo reste préqualifié pour les lots 1 et 3 de la ligne 17, les lots 1 et 3 de la ligne 18 et le lot 4 de la ligne 14 sud. Enfin, le groupe italien a fait des offres pour les lots 1, 2, 3 de la ligne 16.

Claudio Lautizi, le directeur général des opérations internationales du groupe se montre confiant : « Nous avons une équipe à Paris qui rencontre souvent les maîtres d’ouvrage, la Société du Grand Paris et la RATP [pour les extensions des lignes 11 et 14, NDLR]. Nous nous rapprochons de leurs demandes, sur le plan technique comme sur celui du prix. Nous pensons que l’accumulation des chantiers – environ 20 milliards d’euros de travaux sont à attribuer et à réaliser en trois à quatre ans – va nous permettre de remporter un marché parmi les dernières tranches de lots.

« Les majors françaises ne pourront pas répondre à toutes les demandes. »

Les majors françaises à qui ont été attribués les premiers appels d’offres ne pourront pas répondre à toutes les demandes. Il va se poser un problème de ressources humaines sur une aussi courte période, il n’y aura notamment pas assez d’ingénieurs. De plus, les maîtres d’ouvrage vont vouloir faire jouer la concurrence. Quand une entreprise gagne un, deux ou trois lots, ses prix augmentent. C’est là que nous avons une carte à jouer. Nous sommes notamment très optimistes sur les lots de la ligne 16. » La filiale française du groupe emploie une quarantaine de personnes dans des bureaux à La Défense. Elle est dirigée par Marco Saraceni, que nous n’avons pu rencontrer malgré nos demandes.

Audacieux et sans complexe. Voilà donc le plan de Salini Impregilo, audacieux et sans complexe, à l’image de ce jeune groupe. Car la major du BTP italien n’est née qu’en 2014, de la fusion de deux groupes créés dans la première moitié du XXe siècle et qui étaient déjà numéros 2 et 3 dans leur pays. Malgré un chiffre d’affaires en hausse constante (6,1 milliards d’euros en 2016 contre 4,7 milliards en 2015), Salini Impregilo reste un chevauléger du BTP européen, d’une taille modeste par rapport aux mastodontes que sont Vinci ou Bouygues.

Pour asseoir sa crédibilité, Salini Impregilo met en avant son expertise technique et sa grande expérience dans le domaine des métros. Parmi les références importantes du groupe, on peut citer le métro de Sydney (Australie) remporté en 2014 (en cours d’exécution), la Red Line North Underground du métro de Doha (Qatar) et la ligne 3 du métro de Riyad (Arabie saoudite), tous deux obtenus en 2013 et en cours d’exécution, ou encore le métro de San Francisco (Etats-Unis), adjugé en 2012 et désormais achevé. Il faut enfin citer le marché du métro circulaire de Copenhague (Danemark), remporté en 2011, prévu pour être achevé en 2019, et qui ressemblera au Grand Paris Express. Si Salini Impregilo est un groupe d’importance, travaillant dans 50 pays et employant 35 000 salariés, il a aussi enregistré quelques « ratés », comme ce contrat pour le métro de Santiago du Chili, où les autorités débarquèrent le groupe en 2014 en raison de trop importants retards, et le dérapage financier du projet d’agrandissement du canal de Panama, finalement inauguré en 2016. Il s’agit toutefois d’un projet mené par un groupement où Salini Impregilo n’était pas le leader.

Dernier argument du groupe italien : son association avec un partenaire local, le français NGE : « Ils sont solides, ils ont une bonne notoriété et la taille juste pour être notre partenaire. Nous serons à coup sûr avec eux pour les prochains lots, parfois en tant que leader, parfois non », conclut Claudio Lautizi.

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