Territoires Nantes Métropole

Saint-Herblain veut en finir avec sa dernière « balafre »

C’est la dernière grande pénétrante de l’agglomération nantaise. Ancienne route nationale longue de 1,5 km, le boulevard de la Baule est aujourd’hui une coupure urbaine majeure pour Saint-Herbain qui draine un important trafic routier de 30 000 véhicules/jour à des vitesses élevées sur une 2 x 2 voies rendant très difficile son franchissement et les liaisons interquartiers. Qualifiant cet axe de « balafre », le maire de Saint-Herbain Bertrand Affilé estime « qu’on ne pouvait pas se contenter de corriger les dysfonctionnements ici ou là par petites touches ». Et d’ajouter : « Il fallait repenser entièrement ce secteur de l’agglomération. » Ainsi est née, en janvier 2013, la ZAC du boulevard de la Baule dont l’ambition est de faire de ce secteur du nord-ouest de l’agglomération un « vrai » quartier de ville. A la manœuvre, un quatuor d’acteurs. Loire Océan Métropole Aménagement (Loma) a été désigné par Nantes Métropole comme aménageur de cette ZAC de 22 ha pour douze ans. La SPLA travaille avec une équipe de maîtrise d’œuvre composée de l’agence AUP (Architecture Urbanisme Patrimoine), Boîte à paysages (qui a repris la suite d’Yves Bureau) et le bureau d’études Artelia. De leur côté, Nantes Métropole et la Ville de Saint-Herblain piloteront l’aménagement du boulevard et la concertation autour du projet.

120 000 m2 de surface de plancher.

Le premier objectif est d’apaiser le boulevard en passant d’une 2 x 2 voies de 80 m de large actuellement à une 2 x 1 voie de 41,5 m où la vitesse sera limitée à 50 km/h. Au centre de l’artère, un site propre sera dédié au Chronobus, dont la ligne C3 sera prolongée jusqu’à la ZAC Armor. Enfin, les deux « rives » seront aménagées autour de pistes cyclables avec des espaces verts, des placettes et des passages pour piétons et cyclistes entre le nord (quartiers du Tillay et de la Garotterie) et le sud (quartiers de Preux et de la Crémetterie).

Côté construction, le projet prévoit environ 120 000 m2 de surface de plancher à terme dont 33 000 m2 à vocation tertiaire (10 000 m2 en rez-de-chaussée d’immeubles d’habitat), 57 000 m2 de logements (soit 850 à 900 logements, dont 25 % de sociaux et 25 % d’abordable) et 25 000 m2 pour le futur pôle santé autour de la polyclinique de l’Atlantique. Les urbanistes ont prévu des immeubles à hauteurs décroissantes depuis le boulevard, allant de 20 m pour les plus hauts à 9 m pour les maisons existantes.

Trois chantiers parallèles.

En préambule de cette opération de 33 millions d’euros (dont 18 millions HT de travaux) trois chantiers distincts ont été lancés : la pose de nouvelles conduites d’eau potable le long du boulevard par Nantes Métropole, l’extension du réseau de chauffage urbain réalisé par Dalkia et le vaste projet d’extension de la polyclinique (93 millions d’euros pour 60 000 m2 à terme) porté par le groupe Vedici (avec AIA Architectes) qui devrait être livré au 2e trimestre 2017.

Aujourd’hui, le projet urbain entre dans sa phase active. « Les appels d’offres concernant les travaux de viabilisation et d’aménagement viennent d’être lancés en cinq lots : terrassement-voiries, assainissement, réseaux souples, eau potable et espaces verts », annonce Cyril Mélinand, chargé d’opération à Loma. L’îlot 9, le long du rond-point des Châtaigniers, a déjà été attribué à Bouygues Immobilier, LNA (avec l’Atelier Pellegrino) pour 168 premiers logements et 1 400 m2 de services (travaux prévus début 2017). D’autres consultations de promoteurs pour une quinzaine d’îlots vont suivre afin d’atteindre un rythme d’environ 140 logements livrés par an. Et ce, jusqu’en 2024, date de la fin de la ZAC.

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50 ans de fabrique de la ville

L’aménageur de la ZAC du boulevard de la Baule fête ses 50 ans. C’est en 1965 qu’une première société d’économie mixte (SEM) voit le jour. Quasi en sommeil durant plusieurs années, cette SEM est relancée en 1977 par un certain Jean-Marc Ayrault, alors jeune maire de Saint-Herblain. 2002 est une année charnière avec l’entrée au capital de la communauté urbaine de Nantes. La SEM, qui prend le nom de Loire Océan Développement, a désormais mandat sur l’ensemble de la métropole. « Nous avons acquis une réelle expertise en matière de montages complexes », explique son directeur général Christian Giboureau, en citant la création, avec la Caisse des dépôts, de la SAS Adeo Bellevue pour porter et gérer deux immeubles à vocation économique dans un quartier sensible. Pour compléter le dispositif, en 2011, la SPLA Loire Océan Métropole Aménagement (Loma) est créée. Outre la ZAC du boulevard de la Baule, elle a obtenu le mandat de construction des 48 000 m2 du nouveau marché d’intérêt national à Rezé.

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