Régions Caen

Rudy Ricciotti, les casernes et l’art contemporain

Mots clés : Aménagement paysager - Démarche environnementale - Qualité de l'eau - eau potable - Transport ferroviaire

10 M€ Enveloppe de l’appel à projets lancé par l’Agence de l’eau Seine-Normandie pour la biodiversité du milieu marin.

295 M€ Coût estimé de la modernisation de la ligne ferroviaire entre Serqueux (76) et Gisors (27), déclarée d’utilité publique.

7 hectares Superficie de l’écoquartier de l’Horlogerie, à Béthune (62), dont la mise en vente des lots vient de débuter.

Il y a deux ans, lors d’une visite à Caen, Rudy Ricciotti poussait un de ses coups de gueule dont il a le secret. Choisi en 2013 parmi 118 candidats pour requalifier l’ancien quartier militaire Lorge en fonds régional d’art contemporain (Frac), l’architecte du MuCEM dénonçait : « Il n’y a pas de pilote dans l’avion. » Dans les tuyaux depuis… 2004, inscrit au contrat de Plan Etat-région avec une maîtrise d’ouvrage déléguée à la Ville de Caen, le déménagement du Frac piétinait. En cause : son coût, notamment en termes de fonctionnement. Le projet s’étendait initialement sur 2 400 m2 , plus une extension de 800 m2 surmontée d’un toit d’eau. Option abandonnée. Une réécriture du programme allait débloquer la situation : phase 1, la requalification de l’existant ; phase 2, l’extension. Dans un premier temps, on s’en tiendrait à la phase 1, moyennant 5,6 millions d’euros HT de travaux. Du coup, le nouveau Frac n’ouvrira qu’en 2018, plutôt qu’en 2016. Au moins, le chantier est-il en cours, la fin étant prévue pour l’été prochain.

Le quartier Lorge n’est pas une caserne comme une autre. C’est en réalité un ancien couvent, construit au XVIIe siècle pour les Visitandines. Récupéré après la Révolution, puis entretenu depuis tant bien que mal par l’armée, il réservait quelques surprises, comme ces joints refaits au ciment au milieu du XXe siècle qu’il a fallu purger. La ligne directrice du travail de Rudy Ricciotti est « l’effacement et une lecture claire et spatiale du patrimoine existant. Pas d’intervention brutale mais, intérieurement, beaucoup de fluidité afin que les espaces d’expositions s’enchaînent. »

Des matériaux de qualité.

Dans les actes de l’artisan, cela se traduit par des joints à chaux non marqués sur l’aile droite ; en couverture, des ardoises fines venues du Québec, les mêmes qu’à la Sorbonne et aux Invalides ; du plomb à l’ancienne pour recouvrir les pièces d’appui ; de la résine de marbre noir, identique à celle que l’on trouve au département des arts de l’Islam du Louvre, en guise de plancher pour les trois galeries traversantes ; du bois du Cameroun pour structurer les fenêtres, etc. « Le peu de recul depuis la rue fera aborder ce Frac par l’épaisseur », explique Gérard Le Goff, architecte de l’Agence Rudy Ricciotti. L’escalier monumental en béton datant de 1950 sera conservé.

Et la phase 2 ? Elle prévoit bien une extension, mais semi-enterrée cette fois, dans le prolongement des réserves en sous-sol. Toutefois, au conseil régional de Normandie, on parle désormais de tranche optionnelle et aucun calendrier n’a été fixé, au risque de fâcher encore une fois le maître d’œuvre. Décidément, Rudy Ricciotti a du mal avec Caen, alors que le projet immobilier qui lui avait été confié à l’emplacement de l’ancienne caserne Martin a été gelé après la découverte de vestiges d’un ancien bastion. Aux dires de l’artiste, ces 179 logements devaient « rendre dingues les maçons ». Uniquement les maçons.

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