Territoires Pas-de-Calais

Rogers signe un « bâtiment paysage » pour abriter les réserves du musée du Louvre

Mots clés : Manifestations culturelles - Musées - galerie - Tourisme

«Quelle histoire que celle de Lens et du Louvre ! » Aux côtés de Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée, Daniel Percheron exulte. Le président de la région Nord-Pas-de-Calais pourra partir tranquille en décembre prochain : l’œuvre est accomplie. A compter de 2018, et pour la toute première fois, 250 000 pièces des réserves du Louvre seront réunies en un lieu unique et sûr, à Liévin, dans le prolongement immédiat du parc du Louvre-Lens. « Nous avons choisi ce site parce qu’il permettait de répondre précisément à un programme basé sur la complémentarité et l’accessibilité, explique Jean-Luc Martinez. Implanter des réserves à 200 km de Paris n’est plus un problème avec le TGV. »

Pritzker 2007.

Lancé en octobre 2013, le projet aura généré pas moins de 173 candidatures de maîtrise d’œuvre ! Au bout du compte, la maîtrise d’ouvrage s’en remet au prix Pritzker 2007, Richard Rogers, dont l’agence RSHP vient de réaliser la nouvelle aile du British Museum, et en particulier ses locaux de conservation et d’archives. RSHP sera associée sur cette opération de 60 millions d’euros (dont 35 pour la construction) à Mutabilis Paysage, Egis Bâtiments Nord (BET), Inddigo SAS (bureau d’études environnementales) et VPEAS SAS (économiste). Le groupement a imaginé un « bâtiment paysage » de 20 000 m2 (dont 9 950 m2 d’espaces de stockage). « Le paysage est le socle du projet, explique le mandataire. Nous nous sommes fondus dans les principes de Michel Desvigne. » Légèrement incliné et d’emprise triangulaire, le bâti viendra, en effet, s’insérer dans l’Arc vert d’Euralens, le prolonger même par son toit-prairie. Réputés pour leur rigueur dans le suivi de chantier, un sens développé de la finition, une grande attention portée aux usages, mais également leur souci d’une gestion économe, les paysagistes de Mutabilis ont été comme à leur habitude très généreux dans leur conception, notamment sur le plan végétal. Un système de filtre isolera le bâtiment de son environnement. Conçu pour être bioclimatique (utilisation de ressources locales par la géothermie), celui-ci affichera une performance énergétique élevée.

Financé à 49 % par la région.

Le pôle de conservation du musée du Louvre s’articulera autour d’un « boulevard des œuvres », axe structurant baigné de lumière zénithale qui distribuera un système de voûtes en série, où seront répartis les objets selon leur format et leur degré de sensibilité. Grâce à la très grande inertie du bâtiment, les collections bénéficieront de conditions thermiques constantes. En façade, un vaste espace vitré dédié à l’étude et à la recherche s’ouvrira sur un jardin et le paysage à l’ouest.

L’équipement prendra place sur une parcelle de 40 000 m2 mise à disposition par la communauté d’agglomération Lens-Liévin (Call), avec la participation de la Ville de Liévin. Les travaux s’étaleront sur la période 2017-2018. Le financement sera assuré à 51 % par le Louvre (qui mobilisera le prochain versement au titre de la licence de marque du Louvre Abu Dhabi) et à 49 % par le conseil régional Nord-Pas-de-Calais.

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