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Riou Glass fait chauffer ses vitres

Mots clés : Verre

L’industriel spécialiste de la transformation du verre plat lance un vitrage chauffant destiné au haut de gamme.

Après la soif d’acquisitions (quatorze en sept ans !), place à la conquête des marchés de niche. Spécialisé dans la transformation du verre plat, le groupe industriel Riou Glass (1 100 salariés, 18 usines en France métropolitaine, à la Réunion et à l’île Maurice) s’est trouvé un nouveau challenge : s’attaquer au marché du vitrage de luxe en lançant un verre chauffant, le CalorGlass. L’industrialisation de cette technologie développée par une société belge a coûté près d’un million d’euros d’investissement à l’ETI familiale, basée à Cauverville-en-Roumois (Eure). Une couche invisible de microparticules métalliques est déposée sur la surface interne du verre et fait office de résistance chauffante à basse température (de 20 à 45 °C), qui peut rayonner « jusqu’à cinq à six mètres vers l’intérieur de la pièce », revendique Nicolas Riou, directeur général de l’entreprise. « Une grande surface vitrée permet de supprimer les autres modes de chauffage de la pièce et de diffuser une chaleur homogène », promet l’industriel du verre, muté en pro de la thermique.

Vitrage de luxe

. Avec ce produit qui supprime l’effet de paroi froide ou empêche la condensation, Riou Glass espère séduire une clientèle premium : le résidentiel haut de gamme et HQE, le segment CHR (cafés, hôtels, restaurants), le tertiaire. « Le but est d’apporter au verre de la valeur ajoutée et des nouvelles fonctionnalités, comme le relier à un système domotique », développe Nicolas Riou. De la haute technologie estimée entre 800 et 1 000 euros du mètre carré soit, au minimum, cinq fois plus chère qu’un double vitrage standard. Une douzaine de professionnels installateurs aurait déjà acheté la licence vendue par Riou pour distribuer CalorGlass dans l’Hexagone.

Verres spécialisés

. Pour la petite entreprise artisanale fondée par Pierre Riou devenue premier transformateur indépendant de verre plat en France (160 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014 et 15 % de parts de marché revendiquées dans le vitrage), l’objectif est de combler la baisse des volumes du verre dans le bâtiment, estimée à 25 % entre 2008 et 2013. « La crise nous a obligés à être réactifs et à développer notre créativité », consent Nicolas Riou. Même si le vitrage isolant continue d’être le plus gros marché du groupe, les verres spécialisés – notamment pour la décoration -, les vitrages historiques ou les garde-corps s’imposent comme des relais de croissance efficaces.
Un dynamisme insufflé par une culture d’entreprise encore très familiale. Entouré de sa femme, son fils et sa fille à la direction générale, Pierre Riou l’humaniste reste fin businessman quand il s’agit de développer son groupe. Le rachat stratégique de la moitié des parts de l’usine de production de verre plat Eurofloat à Saint-Gobain en 2012 en est la preuve, lui assurant une maîtrise de son approvisionnement en matière première. Depuis sa Normandie natale, Riou Glass veut désormais céder aux chants des sirènes de l’étranger, avec des désirs d’acquisitions en Europe de l’Est et du Sud.

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ENCADRE

L'état-major de Riou Glass

(De gauche à droite) Pierre Riou, président fondateur. Nicolas Riou, directeur général opérationnel. Pascal Hébert, directeur général stratégie et développement. Jean Kaemmerlen, directeur général adjoint Transformation.

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