Réalisations

Ricciotti et Passelac & Roques Le mémorial de Rivesaltes Salses-le-Château

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel

Plus que de jouer sur un simple effet d’apparition et de disparition, le mémorial du camp de Rivesaltes agit tel un révélateur du territoire qui l’entoure, comme si la puissance qu’il dégage avait, à elle seule, le pouvoir de raviver la mémoire d’un passé peu glorieux.

Point névralgique dans la cartographie française de l’internement au XXe siècle, pourtant longtemps méconnu, le camp militaire Joffre de Rivesaltes (Pyrénées-Atlantiques) a hébergé Espagnols, juifs et Tsiganes, de 1941 à 1942, et des harkis jusqu’en 1962. Construit sur l’ancien îlot F du camp – un espace de 42 hectares où des restes de baraquements rappellent un décor de fin du monde -, le mémorial surgit telle une gigantesque colonne couchée de 210 m de long. Aligné sur les tracés orthogonaux existants, il impose sa masse ocre au milieu d’un paysage aride et désolé que dominent des éoliennes qui semblent en être les gardiennes. Brutal et radical par sa forme, il provoque néanmoins une empathie immédiate par sa matérialité et sa couleur qui font écho à la terre environnante. Depuis le parking, on est d’emblée saisi par ce qui pourrait être une immense fosse d’où émerge la géométrie incisive du mémorial. Situé dans l’axe du camp, sur l’ancienne place de rassemblement, il affleure d’abord le sol naturel avant de s’élever vers le ciel à l’est, jusqu’à une hauteur égale au faîtage des vestiges : un parti pris qui indique la volonté première des...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 249 du 14/03/2016
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