Régions

Rhône-alpes Jacques Chanut : « Passer le trou d’air sans décrocher »

Mots clés : Conjoncture économique - Marché de lénergie

Jacques Chanut prend la tête de la Fédération française du bâtiment région Rhône-Alpes, en une période difficile qui mobilise son énergie et celle de toute son équipe. Si la santé des entreprises est la priorité des priorités, il anticipe déjà le tournant d’après-crise !

Création d’une commission économique, réponse à l’exigence des consommateurs en matière environnementale, révolution technique et culturelle à préparer, les défis ne manquent pas pour la FFB région Rhône-Alpes. La mobilisation générale est à l’ordre du jour comme pour Cité Bâtisseurs, qui se tiendra à Lyon, du 2 au 6 octobre.

Quelles sont vos priorités dans le contexte actuel ?

La santé des entreprises est la priorité immédiate. Il faut s’organiser pour passer le trou d’air sans décrocher. Premier impératif : freiner la spirale infernale des prix bas en maintenant les volumes d’activité.

Les pouvoirs publics ont ciblé le BTP dans le plan de relance : nous nous devons d’être réactifs afin d’identifier tous les blocages. Les entrepreneurs ne doivent pas hésiter à faire remonter aux fédérations toutes les informations sur ce sujet. J’ai rencontré à plusieurs reprises Jacques Gérault, préfet de la région Rhône-Alpes, qui soutient totalement cette démarche.

Deuxième impératif : il faut soutenir la trésorerie des entreprises. On ne demande pas aux banques de remplir notre carnet de commandes ou de nous financer du chiffre d’affaires mais de nous aider à sauvegarder l’outil de production. C’est la première fois, alors que nous sommes en période de crise, qu’on identifie des potentialités de marchés nouveaux aussi importantes ! Ce n’était absolument pas le cas en 1993. Les banques doivent en tenir compte !

Comment fonctionnera la commission économie ?

René Chevalier, président de la fédération du BTP de la Savoie, animera cette commission qui disposera de deux délégués par département, relais pour le gros œuvre et le second œuvre.

Participeront également des représentants de notre conseil régional de l’artisanat, d’EGF BTP Rhône-Alpes et de l’Union des constructeurs immobiliers Rhône-Alpes. L’objectif est que nos fédérations soient présentes et reconnues à tous les niveaux, départemental et régional, sur l’ensemble des problématiques de fond : c’est ainsi par exemple que nous avons pu avoir l’écoute attentive de Jean- Jack Queyranne, le président de la région Rhône-Alpes, en matière d’avances sur marchés.

Quelles évolutions voyez-vous à plus long terme pour le BTP en Rhône Alpes ?

La crise marque vraiment un tournant et il est urgent d’en prendre conscience. Tout d’abord, elle modifiera durablement l’accès et la gestion du crédit : de nouveaux produits sont vraisemblablement à inventer, non seulement par les banques mais aussi par les entreprises.

Ensuite, elle renforce l’exigence des consommateurs : de nouvelles attentes voient le jour sur l’impact écologique de la construction ; pour y répondre, la gestion de l’innovation prendra une part de plus en plus importante.

De même, la volonté de réduire les consommations d’énergie conduira à un mode d’organisation où les fonctions d’études, de conseil et d’autocontrôle seront amenées à se renforcer dans nos entreprises. C’est une révolution technique et culturelle sans précédent. Accompagner les entreprises pour qu’elles réussissent dans cette nouvelle donne économique est le défi majeur de notre fédération professionnelle.

Comment la FRB s’y prépare-t-elle ?

Il ne faut pas laisser à d’autres les marchés qui nous reviennent. La seule solution est de s’informer et de se former. Dans cet objectif, nous venons de sortir Simurénov, un serious game sur la rénovation énergétique des bâtiments et nous intensifions, avec les fédérations départementales, les sessions Feebat. Je viens également de signer un nouvel accord régional Adec pour accroître les leviers financiers de la formation et, cette rentrée, nous lançons avec Jacques Blanchet une campagne de promotion de l’apprentissage.

Sur tous ces sujets et notamment celui de la relance économique, j’invite les entrepreneurs à prendre un peu de temps pour passer à Lyon, place Bellecour, du 2 au 6 octobre pour le lancement de Cité Bâtisseur. C’est une occasion unique de se mobiliser et de passer nos messages « en grand format » pour soutenir notre activité et nos entreprises en Rhône-Alpes.

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