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« RGE études est un succès »

Mots clés : Conception - Démarche environnementale

Dix-huit mois après son entrée en vigueur, la qualification des bureaux d’études s’installe solidement dans un contexte économique difficile.

François Guillot, président de l’Organisme de qualification de l’ingénierie (Opqibi)

A l’occasion du 40e anniversaire de l’Organisme de qualification de l’ingénierie, son président fait un premier bilan de « RGE études », entré en vigueur il y a dix-huit mois. Il évoque également l’impact de la réforme des marchés publics sur le recours aux bureaux d’études qualifiés.

Les qualifications « RGE études » ont-elles trouvé leur public professionnel ?

Nous comptons désormais 628 ingénieristes « RGE études » qualifiés par l’Opqibi. Et cela, alors que cette marque qui conditionne désormais les aides de l’Ademe liées à la performance énergétique des bâtiments et aux énergies renouvelables est entrée en vigueur le 1er janvier 2015. Ce chiffre est à rapprocher des 1 788 qualifiés présents au sein de notre organisation. Les « RGE études » représentent donc 35 % du total de nos qualifiés. C’est un succès dans la mesure où le contexte économique n’est actuellement pas très favorable à cette démarche exigeante.

Quelles contraintes impose une qualification « RGE études » ?

Elle requiert une formation spécifique pour chaque collaborateur référent et de nombreux justificatifs techniques sur lesquels nous ne transigeons pas. En 2015, 40 % des demandes ont été refusées. 60 % dans le domaine particulier des études thermiques réglementaires. C’est dire le sérieux de l’instruction des dossiers. Par ailleurs, cela représente une mobilisation des équipes. En termes de coût, il faut compter entre 300 et 500 euros par an pour une petite structure qui veut accéder à une qualification « RGE études ». En retour, cette démarche permet d’offrir à ses clients une prise en charge totale ou partielle par l’Ademe des coûts d’études des opérations traitées.

Le niveau d’exigence n’est-il pas trop élevé ?

Non. Il vient d’être simplifié par l’Ademe. Ne perdons pas de vue que nous nous inscrivons dans une démarche de qualité. Les dysfonctionnements dans l’ingénierie du BTP proviennent souvent de la difficulté à travailler ensemble. Il est indispensable que la maîtrise d’ouvrage dispose de professionnels engagés pour remédier notamment à une certaine forme d’isolement des acteurs de la maîtrise d’œuvre.

La réforme des marchés publics a-t-elle changé la donne en matière de qualification ?

L’arrêté du 29 mars 2016 clarifie pour la première fois les contours du recours aux professionnels qualifiés. Sans être obligatoire, la qualification joue un rôle d’information essentiel sur la capacité technique et professionnelle d’un bureau d’études à répondre à l’attente d’un maître d’ouvrage.

Votre parcours professionnel à la direction générale des services de la Ville de Caen et votre engagement à l’Association des ingénieurs territoriaux de France (AITF) vous inspirent-ils une réflexion particulière sur l’ingénierie française ?

Oui, bien sûr. Pour avoir assuré des fonctions dans la maîtrise d’ouvrage publique pendant quarante ans, je mesure bien le besoin d’information dont a besoin cette maîtrise d’ouvrage aux moyens de plus en plus limités. Pour répondre au mieux à cette attente, l’ingénierie indépendante ne doit pas être qu’une maîtrise d’œuvre. Une forte attente d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) au service des collectivités locales existe actuellement et grandit. Les bureaux d’études doivent répondre à cette attente. L’Opqibi accompagne déjà les pionniers sur cette voie d’avenir.

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ENCADRE

François Guillot

1974 Ingénieur en génie civil (Insa)
1994-2014 Membre du bureau national de l’AITF
2010-2015 DG du développement durable, de l’espace public et du patrimoine de Caen
juin 2015 Président de l’Opqibi

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