Autres Olivier Jacqmin, jardinier paysagiste et enseignant

« Réveiller le potentiel fertile des sols urbains »

Mots clés : Aménagement paysager - Urbanisme - aménagement urbain

Son credo : « composer avec l’existant, ensemble, au mieux ». Sa méthode : utiliser les sols en place, même les plus stériles, et privilégier les arbres de petit calibre, la végétation spontanée. Olivier Jacqmin ne conçoit pas d’exercer son métier de jardinier paysagiste sans consacrer une large part à l’expérimentation et au suivi de chantiers. Une friche industrielle de Loire-Atlantique lui sert de démonstrateur.

Le 21 novembre prochain, vous participez à l’organisation d’un colloque avec Les Amis du Transformateur. Quel en est le thème ?

Il traitera de la manière de réveiller le potentiel fertile des sols urbains. Considérés comme stériles, inaptes à faire pousser des plantes et bons à être évacués en décharge, ils sont le plus souvent remplacés par des terres agricoles malmenées, parfois associées à des matériaux venus d’ailleurs et à des mises en œuvre compliquées et coûteuses. Nous voudrions démontrer qu’ils sont en fait fertiles, à condition de savoir les révéler. Cette démarche se place dans le contexte de l’année 2015 proclamée année internationale des sols. Savoir travailler les sols en place, même les plus dégradés, ne rien exporter et apporter juste ce qu’il faut pour réveiller la vie est un beau challenge. Autre objectif de ce colloque : montrer comment créer des bosquitos en ville, réservoirs de biodiversité urbaine. Ce nouveau terme, issu de l’association des mots “bosquet” et “boqueteau”, se réfère au boqueteau agricole, qui désigne un massif arboré dense, presque sans entretien et où les animaux peuvent trouver refuge.

Pourquoi avoir choisi ce lieu ?

L’association Les Amis du Transformateur fête, cette année, ses dix ans d’existence. Situé sur la commune de Saint-Nicolas-de-Redon, en Loire-Atlantique, le site du Transformateur est une friche industrielle de près de 6 ha, propriété du conseil départemental, classée espace naturel sensible. Le département avait missionné début 2000 l’École nationale supérieure du paysage [ENSP] de Versailles pour requalifier cet espace après l’abandon des activités industrielles. Deux ateliers pédagogiques s’y déroulèrent entre 2003 et 2005. Ils permirent de développer diverses expérimentations pratiques sur le terrain, conduites sous l’adage “rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”. Toutes considérèrent la mémoire des lieux, la place de la nature, l’amélioration de l’écoulement des eaux de crue et la réappropriation du site par les habitants. La question des sols y est fondamentale. Le Transformateur est un terrain expérimental et pédagogique ; il doit se renouveler sans cesse pour être dynamique et porter des idées d’avant-garde enthousiasmantes en réalisant des essais.

Quels types de projets ont été menés ?

Pour tous les projets, l’association cherche à utiliser les ressources locales : sol, végétation, constructions, compétences des adhérents… Tous les...

Vous lisez un article de la revue Paysage n° 383 du 11/10/2015
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