Edito

Retour en grâce

D‘un côté de vieilles économies essoufflées, de l’autre un monde neuf plein d’appétit. Voilà, en résumé et sans caricaturer outre mesure, comment les industriels voyaient le marché mondial des engins de chantiers. Les vieux, c’est nous, l’Europe et la France. Des pays aux infrastructures déjà bien en place et à la faible poussée démographique. L’avenir : les grands pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, où tout est à construire pour une population jeune et nombreuse. Or notre enquête sur les conséquences du krach chinois montre un retour en grâce de notre vieille Europe aux yeux des fabricants d’engins de chantier qui, finalement, lui trouvent bien des vertus. Ces cinq dernières années, ces industriels s’étaient rués vers les pays émergents pour y ouvrir des usines prêtes à répondre à une demande forcément exponentielle. Sauf que… si le besoin est là, bien identifié, cela ne suffit pas à créer un marché. Mainmise politique, corruption, fragilité monétaire, conflits militaires… sont autant de maux qui empêchent le développement économique. Ne l’oublions pas : l’économie libérale occidentale résulte d’un long processus amorcé au xviiie siècle. Ce sont les découvertes savantes des Lumières qui ont permis l’essor industriel, et les révolutions, la liberté d’entreprendre. Les guerres ont débouché sur la paix. Comment peut-on croire que le Brésil, la Chine ou l’Angola feront tout ce chemin en seulement dix ans ! Certains ne s’en rendent compte qu’aujourd’hui en fermant des usines flambant neuves qui n’auront fonctionné que le temps d’un printemps.

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