Enjeux

Retards de paiement : le BTP cherche des solutions

Mots clés : Entreprise du BTP

Le secteur souffre toujours de délais importants.

De son côté, la DGCCRF va alourdir les amendes.

Les entreprises de BTP redoublent d’efforts pour diminuer les retards de paiement de leurs fournisseurs, mais subissent dans le même temps des délais importants pour encaisser leurs propres clients. Voici l’une des principales conclusions du rapport annuel de l’Observatoire des délais de paiement d’Altares, dévoilé fin mars, qui porte sur la période 2015-2016. Dans le détail, le BTP payait ses fournisseurs avec « seulement » 9,3 jours de retard moyen en 2016, ce qui en fait l’un des secteurs les plus « vertueux ». La moyenne du privé s’établit à 11,6 jours au troisième trimestre 2016, contre 13,6 jours au premier trimestre 2015.

Ces résultats encourageants sont à double tranchant pour le BTP, qui souffre sur le plan du crédit interentreprises d’un « effet ciseau » : les retards de paiement aux fournisseurs diminuent davantage que les retards avec lesquels les clients payent. D’où un décalage de trésorerie. Sur ce plan-là, la situation du BTP était préoccupante en 2015, date des dernières données disponibles : il était l’un des rares secteurs d’activité touchés par des délais de paiement clients supérieurs à 60 jours, à 64 jours. C’était une journée de plus qu’en 2014. Résultat, même en répercutant cette hausse sur leurs fournisseurs (+1 jour, à 56 jours en 2015), les entreprises du BTP « restent fortement contributrices au crédit interentreprises », relève le rapport. Ce crédit atteint 29 jours de chiffre d’affaires. Bien loin, donc, de la moyenne de 12 jours, tous secteurs confondus…

Gare aux « délais cachés » dans les TP. Si une amélioration de la conjoncture se profile, cela ne gomme pas pour autant le problème du BTP, souligne la FFB, citée dans le rapport : « La reprise de l’activité courant 2016 a soulagé un peu les trésoreries, mais une accélération en 2017 entraînera une augmentation des besoins en fonds de roulements (achats de matériaux, etc. ). La réduction du crédit interentreprises reste un enjeu majeur. » La FFB a formulé plusieurs propositions, notamment de faire payer les ouvrages et matériels restant à l’atelier dans l’attente de la pose.

29 jours de CA: le solde du crédit interentreprises des sociétés dans le BTP.

Dans les travaux publics, où l’effet ciseau atteint 21 jours, la FNTP plaide, elle, pour la lutte contre les « délais cachés », notamment dans la commande publique. Il s’agit du nombre de jours écoulés entre la date à laquelle l’entreprise qui a effectué ses travaux est légitime à présenter une situation, et la date à laquelle elle peut présenter sa facture.

Un arsenal législatif renforcé. Le secteur public, justement, est ausculté dans le rapport. Verdict ? Pour l’Etat, le délai global de paiement (DGP) en 2016 était de 18,3 jours, soit 0,7 jour de moins qu’en 2015. Les ministères, passés au scanner, sont tous de bons payeurs, sauf la Justice, avec un DGP de 38,6 jours pour la commande publique. Concernant les collectivités locales et les établissements publics locaux, le DGP a baissé, passant de 27,9 jours en 2015 à 27,4 jours fin novembre 2016. « La région constitue l’échelon territorial connaissant le plus de difficultés », pointe le rapport, avec un délai de 36,7 jours en 2016.

Sur le front des sanctions, l’année écoulée marque le renforcement de l’arsenal législatif et administratif, adopté en 2014, pour lutter contre l’allongement des délais de paiement. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) n’a pas chômé : elle a contrôlé 2 500 entreprises tous secteurs confondus, lançant 228 procédures pour un montant total de 10,9 M €, dont 743 500 € dans le bâtiment. Un volume qui devrait monter en flèche en 2017 : avec la loi Sapin 2, le plafond des amendes passe de 375 000 € à 2 M€.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Les sanctions de la DGCCRF

2 500 contrôles d’entreprises tous secteurs confondus, en 2016.

10,9 M € d’amendes tous secteurs confondus en 2016.

743 500 € : le montant cumulé des amendes pour le BTP

2 M€ : le nouveau plafond des amendes de la DGCCRF en 2017 contre 375 000€ jusqu’à présent.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X