Edito

Restons simples

La réglementation en France, c’est un peu comme le carpaccio de bœuf au Bistro romain : à volonté. Quand y’en n’a plus, y’en a encore. Même pas besoin de demander ! Mais, à la différence de l’enseigne de restauration au goût italien où l’addition reste la même quelle que soit la quantité de carpaccio ingurgitée, l’excès de textes officiels alourdit singulièrement la note des entreprises, et donc, celle de leurs clients. L’urgence est évidente.
Pourtant, si, conformément aux promesses gouvernementales, la simplification est en marche, il semble que son allure relève davantage de la promenade que de la compétition. Et après un premier « chocounet », selon le bon mot d’un chef d’entreprise interrogé dans l’enquête menée par notre journaliste Florent Lacas (p. 8), on attend quelque chose de plus consistant, sous peine d’entamer le moral et la confiance des acteurs du BTP.
« Il y a encore beaucoup à faire. On en découvre tous les jours », a reconnu le président de la République lors de son entretien télévisé du 14 juillet. Un constat partagé par Alain Lambert, président du Conseil national d’évaluation des normes (CNEN), qui se dit « étouffé pour le flux des nouveaux textes » et propose ainsi au Premier ministre de sanctionner les administrations adeptes de ce déplorable productivisme.
Afin d’endiguer la vague, la France, comme à son habitude, s’est dotée d’un arsenal de comités, conseils, commissions, missions… produisant avis, rapports et autres livres blancs. C’est-à-dire que, juste à côté de la pile immense des lois, règles et normes, devraient bientôt s’entasser les recommandations de simplification en tout genre. De quoi contenter les adorateurs de Stakhanov et les lecteurs de Courteline. Mais n’y avait-il pas plus simple ?

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