Annuel aménagement Identité

représentation – symboles Créer des repères forts à l’échelle de la métropole

Le Grand Paris a-t-il une identité ? Comment s’exprime le sentiment d’appartenance géographique de ses habitants ? Assurément à travers la commune de résidence, éventuellement le département : on est d’Alfortville ou de Villeneuve-Saint-Georges, ou même du Val-de-Marne, avant d’être de l’agglomération parisienne. D’autre part, l’opposition Paris – banlieue reste bien ancrée dans la carte mentale de chacun. Les limites administratives de la ville de Paris n’ont pas changé depuis l’annexion de certaines communes il y a 150 ans – Charonne, Les Batignolles – ou parties de communes – Neuilly, Châtillon. Et depuis 35 ans, la barrière du boulevard périphérique a matérialisé physiquement cette limite par une coupure difficilement franchissable. Il en résulte une forte rupture psychologique entre le centre, à l’intérieur du périphérique, et la banlieue à l’extérieur. Une rupture plus forte à Paris, que partout ailleurs, à Londres, Berlin, Rome ou Madrid, villes où la zone centrale n’est pas cernée par une autoroute urbaine. Enfin, l’absence d’entité administrative rassemblant Paris et sa périphérie – quelque chose d’équivalent au Greater London ou au Land de Berlin, par exemple – renforce le manque d’unité ressenti au niveau de l’agglomération. « Je ne connais aucune ville au monde où le cœur est à ce point séparé des membres », dit à ce propos Richard Rogers.

Quelles réponses, quelles propositions les équipes mandatées par la consultation ont-elles apportées pour construire l’identité du Grand Paris ? Bien peu se sont aventurées sur le terrain politique ou administratif en proposant un périmètre de gouvernance du Grand Paris. Même pour les besoins de l’analyse, ou simplement pour identifier le territoire, la question du périmètre a fortement varié selon les équipes.

L’équipe de l’AUC a même refusé de dessiner une carte ou un plan, les autres équipes considérant soit la région Ile-de-France dans sa totalité, soit une zone urbaine incluant la seconde couronne et les villes nouvelles, soit la zone agglomérée de première couronne. La question du périmètre éludée, certaines équipes ont proposé de construire l’identité du Grand Paris par la construction de « nouvelles tours Eiffel », c’est-à-dire des bâtiments emblématiques à l’échelle de ce territoire. L’équipe Castro propose l’implantation d’un équipement prestigieux – il utilise l’image de l’opéra de Sydney – sur un quai du port de Gennevilliers. Même démarche avec l’équipe Lion qui pose l’édification d’une tour à la confluence de la Seine et de la Marne.

Pour l’équipe Nouvel, l’identité du Grand Paris peut se construire par la création de quatre « hauts lieux » qui, profitant de sites exceptionnels à Gennevilliers, La Courneuve, Villacoublay et Vitry, pourraient accueillir des villes verticales et technologiquement durables. Pour l’équipe Grumbach, le nouvel axe du Grand Paris est matérialisé la nuit par des rayons lasers verticaux qui se succèdent jusqu’au Havre. Enfin, pour l’équipe Secchi-Viganò, le monument fédérateur de toute l’agglomération est la Seine, dont les rives sont à investir, en respectant leurs richesses environnementales.

« Une « carte d’identité » de la métropole, faite de 18 situations précises et singulières, est plus apte qu’un plan à saisir la dimension subjective qui conditionne largement les potentialités d’un territoire et les possibilités d’actions sur ce territoire. »

L’AUC

« Le Grand Paris manque de gouvernance. Le cloisonnement politique semble se traduire par une inertie et une approche décousue de l’échelle métropolitaine. Un aménagement stratégique nécessite d’appréhender la ville dans son intégralité. »

RICHARD ROGERS

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