Réalisations

Renzo piano Couvent des clarisses Ronchamp

Mots clés : Aménagement paysager - Architecte - Architecture - Association et mouvement associatif - Culte - Technique de construction

Construire un monastère sur les terres corbuséennes de Ronchamp était une tâche délicate. Renzo Piano a choisi de privilégier son intégration dans le paysage en l’enfouissant dans le sol pour libérer les lignes d’horizon.

Se mesurer à l’œuvre iconique que représente la chapelle Notre-Dame-du-Haut (1953-1955) relève de l’exceptionnel et l’évolution du projet, marquée et nourrie par de vives polémiques, peut s’assimiler à un véritable « cas d’école ». En matière d’enjeu patrimonial, il ne s’agissait pas seulement de construire à l’ombre de Le Corbusier ni de chercher à le concurrencer mais de coexister avec une chapelle dont la conception initiale était indéfectiblement liée à son implantation et à son paysage environnant. Ce sont quelque 80 000 personnes qui s’y rendent chaque année et l’association propriétaire du site bâti et non bâti, l’Association œuvre Notre-Dame-du Haut, souhaitait réhabiliter la colline de Bourlémont et pérenniser son caractère spirituel qui s’était sensiblement déplacé vers l’attraction touristique que constitue cette acropole moderne. D’où la volonté d’accueillir une communauté permanente dont le choix s’est porté sur les sœurs Clarisses de Besançon qui n’ont pas hésité à vendre leurs biens pour venir s’installer ici. Ce lieu de pèlerinage, dévolu à la Vierge Marie depuis le Moyen Age, amorce aujourd’hui une nouvelle mutation. Les premiers échanges entre la maîtrise d’ouvrage et l’équipe de Renzo Piano remontent à 2006 et se sont par la suite noués de façon très étroite. Signé en 2008, le permis de construire englobe trois chantiers complémentaires lancés en association avec le paysagiste Michel Corajoud : la construction d’une nouvelle porterie ou maison d’accueil, un monastère, le remodelage des espaces paysagers et d’un parking.

Pour les concepteurs, il fallait appréhender la dimension spirituelle du site à travers la fonction de recueillement liée à l’usage de la chapelle et du futur monastère. Tenir compte aussi de la « sacralisation » de Le Corbusier dans le respect de son œuvre. Révélateur à cet effet, le point de départ du projet, a consisté à détruire l’ancienne maison d’accueil et son horrible parking, bâtisse ingrate qui obstruait l’arrivée et la première vision sur le monument. L’essentiel était de reconquérir la chapelle avec un nouvel itinéraire, délivrer ses alentours. Déplacée, la nouvelle porterie, plus fonctionnelle et dotée d’une large façade transparente, a été creusée dans le flanc de la colline pour s’ouvrir sur un parking végétalisé.

Situé plus en amont à l’ouest, à une centaine de mètres du périmètre classé en 1960 de la chapelle, le couvent est immergé dans la forêt de Bourlémont, en contact direct avec la vallée, propice à la contemplation et au...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 213 du 01/03/2012
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