Enjeux

Rénové, le Bataclan prépare l’avenir en 3D

Mots clés : Logiciels - Outils d'aide - Manifestations culturelles - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples

Grâce au BIM, la salle de spectacles inaugure de futurs services en matière d’exploitation et de billetterie.

Impossible de parler du Bataclan sans évoquer les attentats du 13 novembre 2015, au cours desquels 90 personnes ont perdu la vie. A l’époque, le groupe Lagardère ne possédait la salle de spectacles du Xe arrondissement de Paris que depuis deux mois. Après le drame, la décision a été prise de rénover le lieu en gardant son identité tout en s’appliquant à effacer les stigmates de la tragédie. Après avoir réalisé un scanner 3D des locaux, les travaux ont permis de remanier l’organisation et d’améliorer l’acoustique, notamment.

Le chantier s’est déroulé de février à novembre 2016. Un délai serré pour tout revoir : loges, circulations, hall d’entrée et capacité de la salle portée à 1 700 places, contre 1 500 auparavant. Parmi les améliorations notables, le plancher de la salle de spectacles a été entièrement refait. Si, en apparence, il est identique à l’original, les nouvelles lames en chêne massif ont été posées sur des lambourdes comportant des patins acoustiques, de manière à absorber les vibrations sonores. Par ailleurs, la partie supérieure des poteaux d’ornement qui soutiennent les balcons pour se prolonger jusqu’à la charpente a été supprimée, ce qui améliore la visibilité des spectateurs.

Comprendre instantanément l’espace. Une maquette numérique a été réalisée à partir du nuage de points issu de la numérisation 3D. « La façade du Bataclan appartient à un immeuble, tandis que la salle de spectacles fait partie d’un autre lot. D’où l’intérêt de disposer d’une visualisation en 3D », expose Vincent Barué, architecte et directeur associé de Foundation, société spécialisée dans le building information modeling (BIM) et la réalité virtuelle.

Les régisseurs techniques pourront même simuler la diffusion du son en 3D.

Si les données numériques n’ont pas été utilisées pour le chantier proprement dit, elles concourent désormais à l’exploitation du lieu. « Nous avons mis au point une application qui permet de comprendre instantanément l’espace », indique Vincent Barué. Cette appli utilise des pictogrammes insérés dans la visualisation 3D. Les bandes vertes au sol indiquent, par exemple, le chemin vers les issues de secours. Ces dernières sont matérialisées en couleur sur une maquette où tout apparaît en blanc afin d’améliorer la lisibilité. Autre cas de figure, les systèmes de ventilation, qui ont une incidence sur la circulation des fumées en cas d’incendie, sont indiqués, ainsi que les zones où le risque électrique est important.

« La maquette numérique peut aussi être utilisée pour d’autres usages », envisage déjà Franck Peyre, directeur immobilier adjoint chez Lagardère. La prochaine étape est de l’utiliser pour la billetterie 2.0, afin que le spectateur puisse jauger, en réalité immersive, la vision de la scène depuis sa place lors de l’achat de son billet. « Les régisseurs techniques auront, par ailleurs, la possibilité d’organiser virtuellement la salle en vue du spectacle qu’ils préparent : position des enceintes, des luminaires, charges admissibles et même diffusion du son pourront être simulées en 3D, détaille Franck Peyre. Tout cela fonctionne déjà, mais l’usage est restreint à nos équipes pour l’instant. »

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