Territoires Noisy-le-Grand

Rénovation des Espaces d’Abraxas, acte I

Après la visite de Ricardo Bofill le 17 mai aux Espaces Abraxas à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), le projet de rénovation de l’ensemble immobilier a été acté. Bofill, qui a conçu le projet en 1978, s’est engagé à travailler à sa rénovation. L’architecte n’avait pas vu son travail depuis quinze ans. « Je l’aime plus qu’avant : c’est presque une œuvre d’art », a-t-il dit en souriant. Conçus comme un monument d’entrée de ville, comptant 609 logements, dont un tiers de sociaux, les Espaces d’Abraxas se composent du « Palacio », à l’est (R + 18, 440 logements dont 330 pour Efidis), de « l’Arche », au centre (R + 9, 19 logements) et du « Théâtre », à l’ouest (R + 8, 150 logements, dont 50 pour Domaxis), avec une vue imprenable sur Paris. Livré en 1983, l’ensemble a été construit à partir de sections préfabriquées (pierre, sable, ciment gris et blanc, oxydes). Monument iconique, il a été question de le démolir en partie en 2006-2008. Mais ce projet a été abandonné.

Une restructuration architecturale.

Aujourd’hui, les Espaces d’Abraxas présentent des atouts : bonne desserte routière, transports collectifs, centre commercial régional, qualité architecturale, logements spacieux. Mais ils comptent aussi bien des points faibles : trame routière surdimensionnée, architecture renfermée sur elle-même, aggravation des problèmes d’insécurité et d’incivilités depuis les années 2000, charges élevées, antagonismes internes (locataires/propriétaires, Théâtre/Palacio). « Il ne faut pas envisager une simple réhabilitation mais une restructuration architecturale pour retrouver une logique urbaine, régler les petits problèmes de désagrément (étanchéité), trouver un mode de fonctionnement durable et préserver l’architecture », estime Jean-Alain Steinfeld, président du directoire d’Efidis. C’est en effet à la fois un travail d’architecture sur les bâtiments eux-mêmes mais aussi sur l’urbanisme qui doit être mené : le Palacio ne doit pas être un objet posé à côté de la ville mais être inséré dans la ville.

Brigitte Marsigny, maire (LR) de Noisy-le-Grand, a indiqué que la réflexion sur les Espaces d’Abraxas commençait. Elle en a posé les jalons pour une réalisation à moyen terme : réinsérer le quartier dans la ville, élaborer une continuité urbaine, et créer des équipements publics (maison de quartier, crèche, école). « J’ai refusé, dit-elle, la construction d’un palais des congrès pour conserver la singularité des bâtiments de Ricardo Bofill. Le projet doit s’appuyer sur les bâtiments eux-mêmes, susciter un contexte harmonieux de mise en valeur de l’architecture en démolissant une rampe d’accès du parking au centre commercial en béton de forme hélicoïdale et une école obsolète. »

Une vitrine de l’Est parisien.

Brigitte Marsigny entend bien jouer la carte architecturale pour rehausser le prestige de sa ville, déjà regonflée par l’ouverture du lycée international en septembre prochain. « Je souhaite que cette rénovation soit comme une vitrine de l’Est parisien, alors qu’on ne parle que l’Ouest. Entre Paris et la Seine-et-Marne, il y a un espace qui est le nôtre : celui du Palacio. »

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