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Rennes Daniel Delaveau : « C’est un véritable EuroRennes qu’il nous faut inventer »

Mots clés : Collectivités locales - Rénovation urbaine - Services urbains - Transport collectif urbain - Transport ferroviaire

L’agglomération devrait compter 60 000 nouveaux habitants dans les dix ans. Face à ce défi, Daniel Delaveau, élu maire en 2008, entame son mandat avec des projets lourds : lancement d’EuroRennes pour l’arrivée de la LGV, deuxième ligne de métro et extensions urbaines.

Comment préparez-vous l’arrivée en 2014 de la ligne à grande vitesse qui mettra Rennes à 1 h 30 de Paris ?

L’arrivée de la LGV aura des impacts économiques, sociaux et urbanistiques positifs très importants. La Bretagne et Rennes ont besoin de renforcer leur attractivité et tout ce qui est bon pour l’une est bon pour l’autre. C’est pour cette raison que Rennes Métropole finance ce projet à hauteur de 90 millions d’euros. Une nouvelle gare va être créée avec un bâtiment « voyageurs » opérationnel dès 2014. L’objectif est de répondre à l’arrivée de la LGV mais aussi à l’explosion du trafic TER.

Au-delà de ces enjeux de transport, le projet que nous préparons a une visée urbaine plus large. C’est un véritable EuroRennes qu’il nous faut inventer. Pour ce faire, une première étude urbaine sur le périmètre de cette ZAC, qui va prochainement être créée, a été confiée aux architectes Bernardo Secchi et Paola Vigano. Nous voulons renforcer la vocation d’affaires de ce quartier qui mixe déjà l’habitat et le tertiaire. A priori, le total de surfaces constructibles (bureaux, logements et commerces) s’élève à 180 000 m2 et représenterait un investissement d’environ 200 millions d’euros. Par ailleurs, il nous paraît essentiel d’ouvrir davantage la gare vers le sud. A terme, ce qui se profile, c’est l’extension du centre-ville. Le centre historique est trop restreint. Il ne correspond plus aux besoins de l’agglomération.

Quelles sont les orientations nouvelles du programme local de l’habitat en réactualisation ?

Notre scénario prévoit 60 000 nouveaux habitants dans les dix prochaines années. Même si la situation du pôle automobile nous préoccupe, il y a dans l’agglomération une dynamique économique qui est solide, notamment avec des secteurs comme l’industrie agroalimentaire, les technologies de l’information et de la communication ou le BTP. Ce qui est sûr, c’est que nous sortirons de la crise et que les demandes de logement existent. Il faut donc poursuivre l’objectif de 4 500 logements livrés par an, en faisant notamment un effort important sur le logement intermédiaire. Pour les aspects qualitatifs, les bâtiments basse consommation sont évidemment encouragés (…). Rennes Métropole intervient lourdement, à hauteur de 40 millions d’euros par an, sur la politique de l’habitat, tant en aides foncières qu’en aides directes aux ménages. Cela fonctionne bien puisque 33 ZAC sont actuellement en cours et 37 en préparation.

Par ailleurs, nous avons lancé une étude de définition sur le secteur intrarocade nord-est (après la zone des Champs-Blancs à Cesson-Sévigné, NDLR) pour créer à terme un nouveau quartier. Sur ce site constitué actuellement de terres agricoles, l’enjeu sera de loger 40 000 nouveaux habitants et de créer autant d’emplois. Enfin, nous allons lancer d’ici à la fin de l’année une réflexion sur le secteur sud-ouest, à savoir Rennes, Saint-Jacques-de-la-Lande, Bruz et Chartres-de-Bretagne. La deuxième ligne de métro arrivera au niveau de la rocade urbaine. La possibilité de créer au-delà de cet axe routier un site aussi important que La Courrouze existe.

Comment réagissez-vous aux incertitudes qui pèsent sur le financement des collectivités locales ?

En tant que président de l’association des communautés d’agglomération de France, je suis très attentif à ces changements qui se profilent. Il n’en demeure pas moins que Rennes et la communauté d’agglomération sont dans des situations financières très saines et solides. Au niveau de la ville, cela nous a permis pour l’exercice 2009 d’ajouter 12 millions d’euros d’investissements afin d’abonder le plan de relance. Toutefois, nous avons choisi pour 2009 de passer l’impôt « ménages » de 1 à 1,5 % (1).

Qu’en est-il du financement de la deuxième ligne de métro ?

Les remboursements de la première ligne, initialement prévus pour 2017, se termineront l’an prochain. Ce qui nous ouvre une capacité nouvelle d’emprunt pour la deuxième ligne. Les études relatives à sa réalisation sont inscrites au contrat de projets Etat-région. L’Union européenne pourrait en financer une partie, via le Feder. Le plan de financement sera élaboré en 2010 avec un objectif de démarrage des travaux en 2013 ou en 2014.

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(1) Rennes Métropole a institué en 2006 un impôt additionnel à la taxe d’habitation et au foncier bâti.
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