Enjeux

Renaud Bonnel a foi en la pierre

Mots clés : Produits et matériaux

Ce patron atypique, engagé socialement et sur son territoire, mise sur un retour de la pierre naturelle dans la construction.

En franchissant le seuil de l’entreprise Bonnel à Champigné, dans le Maine-et-Loire, le ton est donné. Les murs sont tapissés de taloches, devenues sculptures par la main de l’artiste Tanguy Tolila. « Mon père s’est pris de passion pour son travail », glisse simplement Renaud Bonnel, qui a repris en 2010 l’entreprise de maçonnerie spécialisée dans la taille de pierre et la rénovation de monuments historiques. Mais dans son bureau, tapissé de peintures, cette ambiance bohème se retrouve. Entre deux piles de dossiers, traînent négligemment des livres comme « Le pouvoir des gentils » de Franck Martin ou « L’innovation Jugaad », un concept hindi que l’on pourrait traduire par « Redevenons ingénieux ».

« Comment faire pour que les gens soient heureux au travail ? C’est, avec la pérennité, l’une de mes préoccupations en tant que chef d’entreprise » affirme cet ingénieur ESTP passé par les majors. Rien d’étonnant à ce que Bonnel soit l’une des rares entreprises de la région à s’être lancée dans une démarche d’amélioration continue et qu’elle vise le label « Lucie », portant sur la responsabilité sociétale de l’entreprise. Un beau symbole, surtout après avoir subi un plan de sauvegarde de l’entreprise en 2012.

L’abbaye royale les a sauvés.

Bonnel se sort de cette période difficile en décrochant l’important chantier de la chaufferie bois enterrée de l’abbaye royale de Fontevraud (5,5 millions d’euros TCE). Il sera d’ailleurs suivi par la rénovation de l’hôtel et du restaurant de cette même abbaye. « J’aime faire travailler le gros œuvre et la taille de pierre sur un même chantier, car c’est toute l’ADN de l’entreprise qui s’exprime », résume Renaud Bonnel. Désormais, le mot d’ordre est : « cherchez l’exceptionnel, c’est ce qui nous fera vivre demain ! ». C’est ainsi que, fin 2013, Bonnel s’associera à l’espagnol Kalam pour reprendre Adhénéo, une entreprise de couverture au savoir-faire reconnu. En avril dernier, le descendant de 14 générations de tailleurs de pierre a acquis une autre pépite : la start-up Lithias, spécialisée dans la sculpture numérique. « En plus d’une diversification stratégique vers le luxe en création, l’équipe de Lithias va nous apporter son savoir-faire en matière de modélisation 3D », commente Renaud Bonnel. Ces rachats n’empêchent pas les développements en interne. Bonnel, qui pèse aujourd’hui 12 millions d’euros avec plus de 100 salariés, a lancé son propre système constructif, le bloc pierre isolée ou BPI. Il s’agit d’un mur porteur en pierre aux qualités thermiques. « Et si ce procédé marquait le retour de la pierre naturelle dans la construction ! » se met à rêver tout haut Renaud Bonnel.

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