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Reims Le Foyer rémois construit à Bétheny une « PassivHaus » de 13 logements

Mots clés : Accessibilité - Efficacité énergétique - Energie renouvelable - Equipements techniques et finitions - Logement social - Politique du logement - Produits et matériaux - Réglementation technique

Avec ce bâtiment passif, conforme aux labels BBC Effinergie et « PassivHaus » qui consommera moins de 15 kWh/m2.an pour son chauffage, le bailleur social anticipe sur les exigences de la nouvelle RT 2012. Une première dans l’habitat social !

Le Foyer rémois est ambitieux avec le projet « La Clairière », dont la livraison est prévue pour la fin de l’année. Ce programme de 13 logements collectifs, dont quatre adaptés aux personnes handicapées, va répondre aux normes de l’institut allemand « Passivhaus », mais également viser le label BBC Effinergie. Une construction garantissant une très haute performance énergétique et donc une consommation pour le chauffage inférieur à 15 kWh/m2.an.

Les grands principes

Pour obtenir un bâtiment labellisé « passif », il est nécessaire de réduire au maximum les déperditions de chaleur. Pour cela, quelques grands principes s’imposent : une isolation de qualité supprimant les ponts thermiques, une étanchéité à l’air élevée et une ventilation contrôlée avec récupération de chaleur. « L’amélioration du niveau de performance énergétique a aussi été précédée d’une réflexion globale et durable prenant en compte l’impact environnemental des matériaux utilisés pendant l’ensemble du cycle de vie du bâtiment », explique Christophe Villers, président du directoire du Foyer rémois.

La réussite de cette opération, conçue par BCDE Architecture, repose sur l’implication forte de partenaires industriels et économiques comme l’Ademe, la Fédération française du bâtiment, BASF, EDF… et sur un concentré de choix techniques et d’alliances technologiques. A commencer par le respect des règles de l’architecture bioclimatique. Les fenêtres étant les meilleurs panneaux solaires, le bâtiment en tire profit en orientant les grandes baies au sud. Les fenêtres sont équipées de double ou triple vitrages, selon les orientations.

Outre sa compacité qui le rend plus performant, le bâtiment réduit ses déperditions grâce à une enveloppe très efficace : une isolation thermique par l’extérieur (ITE) de 30 cm d’épaisseur. En supprimant tous les ponts thermiques entre les dalles ou planchers intermédiaires et les murs extérieurs, l’isolation par l’extérieur s’avère la solution la plus simple à mettre en œuvre et la moins chère. Elle est assurée par le Neopor®, un polystyrène expansible de nouvelle génération fabriqué par le leader mondial de l’industrie chimique, BASF, et utilisé sous forme de panneaux. L’ajout de graphite permet au produit d’absorber et de réfléchir les rayons infrarouges. Résultat : un pouvoir isolant supérieur et une réduction des plaques de 20 % par rapport à un isolant en polystyrène classique. Toujours côté isolation, 240 mm de polyuréthane sont posés en terrasse, en liaison avec l’isolation des murs, et 150 mm de fibrastyrène en sous-face, au-dessus des parcs de stationnement.

Ici, pas de chauffage et donc pas d’entretien, juste un convecteur d’appoint dans la salle de bains. La ventilation sera assurée par un système double flux à haut rendement. Un puits canadien viendra compléter le dispositif. Des panneaux solaires seront installés pour l’eau chaude sanitaire ; grâce à un ballon situé dans chaque appartement, les locataires pourront maîtriser leur consommation.

En toiture-terrasse, la végétalisation sera une barrière naturelle contre l’humidité et le froid. Les eaux pluviales seront récupérées dans des fossés d’infiltration situés autour du bâtiment.

Etanchéité par les prémurs

Reste l’étanchéité à l’air. En partie assurée par les prémurs en béton, elle concentre toutes les attentions. « Un soin particulier sera porté aux raccords et percements, précise Johann Souvestre de Luwoge consult, filiale de BASF spécialisée dans le conseil en efficacité énergétique dans le bâtiment. Deux contrôles sont prévus, l’un au moment où le bâtiment sera hors d’air, l’autre en fin de chantier pour obtenir la certification passive. »

La somme de toutes ces solutions énergétiques devrait engendrer, pour les locataires, environ 80 % d’économies sur le chauffage, à condition de bien utiliser ces systèmes. Conscient de l’importance du comportement des occupants, le Foyer rémois mettra en place un accompagnement pour les inciter à consommer différemment. Ce bâtiment « passif » social devrait d’ailleurs servir d’exemple pour d’autres réalisations futures.

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